L'affiche de l'évènement

L'affiche de l'évènement

Chaque année, une fois l'arche mythique de franchie, me vient la question de savoir si je re signe ou pas l'année d'après !!

Jusqu'à présent et ce depuis 2013 je réponds présent car en accord avec mon deal de départ, qui était que tout pendant que je progresse, je repars l'année suivante !!! Pas logique pour certains mais évident pour d'autres ça dépend ou l'on se place.

Personnellement le compétiteur que je suis avec la volonté de toujours faire mieux, je trouve que ça colle plutôt à ma personnalité ! L'année dernière j'avais gagné un peu moins d'une minute sur 2016...alors ma présence de cette année ne tenait pas à grand chose !

Par contre cette année second défi, celui de passer la barre des 80km, car pour la 65ème édition les organisateurs nous ont poussé la doyenne des courses nocturnes à 81km et 2400m de D+ pour son 65ème anniversaire !! :-)

Après un été plutôt calme, j'ai repris les choses sérieuses à la rentrée de septembre, avec une bonne course et de bonnes sensations lors de notre expédition sur le marathon du Larzac aux Templiers, avec mon pote Greg, une course qui m'a permis de savoir où j'en étais ! Plutôt bien négocié en 4h05' à la 22ème place, même si on peut toujours faire mieux elle se voulait plutôt rassurante dans la prépa SaintéLyon.

L'avantage que j'ai sur cette course, c'est que je connais plutôt bien l'évènement malgré la rallonge, je sais à quoi m'attendre on va dire, la seule inconnue reste comme chaque année, la météo !

Les dernières séances d'entraînement ont été plutôt rassurantes aussi avec des bonnes sensations et pour se rassurer un peu plus cette année j'aurai la chance d'avoir mes potes des Monts du Lyonnais comme assistants de choc sur 2 des 5 ravitos (l'année dernière c'était mon pote Julien, j'avoue ça aide) ! Tout semble donc réunis pour que tout se passe bien.

Le samedi, je me rends au salon du trail avec ma fille Océane qui a voulu venir avec moi, pour partager ce bon moment tous les 2 car elle s'intéresse de plus en plus à la course à pied et heureuse de le partager avec son papou !

L'occasion donc de récupérer le dossard, faire le tour des stands, passer faire un coucou à Jean-Claude Le Cornec de l'Ultra Trail D'Angkor et donc de lui présenter aussi ma fille car on va se revoir fin janvier au Cambodge. L'occasion aussi pour moi de discuter un moment avec lui et faire un peu la communication de la course sur place.

Ensuite passage incontournable sur le stand jurassien, voir les copains, déguster du comté, échanger sur les courses à venir dans le Jura, puis crochet par la chaussette de France pour discuter le statut d'ambassadeur 2019, crochet aussi par Cimalp évidemment voir mon pote Florian, une photo souvenir sous l'arche d'arrivée, puis direction la conférence organisée par Lyon Sport Santé sur le sujet «Dans la tête de nos athlètes», avec la participation du Docteur Marion Delespierre (2e de Lyon Urban Trail 2018), de Sylvaine Cussot (triple vainqueur à l’éco-trail de Paris) et de Cédric Fleureton (triathlète et médaillé mondial en Trail) l'occasion aussi de présenter ces brillants athlètes que je connais personnellement à Océane juste avant le début de leur intervention.

On file s'installer au premier rang pour ne pas en louper une miette !! La discussion est sur le retour d'expérience, le mental, leur vécu en course, comment ils ont pu gérer des situations parfois difficiles physiquement et parfois même faire face à dame nature, comment ils gèrent les coups de moins bien, on aborde le sujet de la méditation, chacun y va de son expérience c'est très interactif et intéressant.

Ensuite direction la maison car la soirée d'avant course se passe à la maison avec les potes, avant le départ pour Saint-Etienne !

SaintéLyon 2018, une édition dantesque jusqu'au "boue" de la nuit !
SaintéLyon 2018, une édition dantesque jusqu'au "boue" de la nuit !
SaintéLyon 2018, une édition dantesque jusqu'au "boue" de la nuit !

On ne traîne pas trop pour rentrer préparer la soirée d'avant course et finir de préparer les affaires !! J'inaugurai pour l'occasion ma nouvelle tenue UGLOW, récente marque dont je suis l'heureux ambassadeur pour la saison 2019 !

On retrouvera donc le short SPEED FREE AERO 5, la membrane Zip 3/4 pour le haut du corps ultra légère et chaude, le bandeau isolant pour se protéger du froid et la veste de pluie Rain Jacket Dark Knight parfaitement respirante et imperméable.

SaintéLyon 2018, une édition dantesque jusqu'au "boue" de la nuit !
SaintéLyon 2018, une édition dantesque jusqu'au "boue" de la nuit !

Les copains arrivent les uns après les autres, au menu poulet au curcuma et riz, l'ambiance est bonne ils sont en grande forme les potes des Monts du Lyonnais débarqués dans le Van de Baptiste, un grand moment avec perruque et cornes de brume à la main, ça annonce la couleur !

Marion & Nico sont eux sur la Saintesprint, ils partiront du coup un peu plus tôt car ils doivent aller chercher leur navette à la Hall !

De notre côté après s'être bien rempli le bide, on part vers 21h15, l'ambiance est très bonne, limite festive, on essaye tout de même avec Ben de se mettre un peu dans la course qui nous attend, mais finalement on profitera de la bonne humeur du camion.

Arrivée sur place une bonne heure avant le départ de 23h30, la pluie commence à faire son apparition, on s'abrite avant de débuter notre échauffement. On commence à réfléchir avec Ben si veste de pluie ou pas pour le départ...on est d'accord tous les 2 pour la laisser dans le sac et la sortir si vraiment le besoin s'en fait sentir.

On part donc s'échauffer, l'occasion de croiser pas mal de copains, et de têtes connues, puis on se souhaite une bonne course avec Ben car il rentrera lui dans le SAS élite et pour ma part je me placerai juste derrière, à chacun sa place !! Idem avec les potes, on se tape dans la main et rdv à Ste Cath pour la première assistance km 32 !! :-)

Le speaker chauffe la foule, nous sommes 6000 environ au départ de cette 65ème édition, puis les frontales s'allument, la musique de U2 "Light my way" retentit, on souhaite bonne course aux voisins, le décompte est donné et c'est parti pour une nuit de folie. La pluie semble nous laisser tranquille...pour l'instant !

Photo du départ prise sur internet
Photo du départ prise sur internet

Photo du départ prise sur internet

Départ - St Christo-en-Jarez : une sorte de mise en bouche

Le départ est donc rapide comme souvent, sur l’asphalte stéphanoise, je croise les copains des Monts du Lyonnais, je suis juste derrière Sissi (Sylvaine Cussot) que je viens de retrouver, j'arrive à sa hauteur, on se souhaite une bonne course, je sais qu'elle me rattrapera...mais quand...l'année dernière c'était à Ste Catherine, puis nous avions fait un bout de chemin ensemble. Cette année j'espère la retrouver sur le parcours car elle gère parfaitement bien ses courses et je pense qu'elle peut me faire gagner quelques minutes, affaire à suivre, pour l'instant chacun sa course.

Je passe donc devant, je me sent bien je boucle les 3 premiers km rapidement entre 14 et 15 km/h, un peu vite certains pourront dire, mais finalement je temporiserai par la suite, mais je commence à la connaître et à me connaître aussi sur ce format et je sais que naturellement on se calme après, mais au moins on se place de suite dans le bon wagon et sur un bon rythme et je retrouve même quelques copains.

La première petite bosse fait son apparition km 3 sur un chemin, on prendra 100m de D+ sur 2km, petite nouveauté du parcours, de quoi se mettre en jambe, ça passe bien, je cours librement, le souffle es bon, les sensations sont bonnes. C'est important d'avoir de bonnes sensations dès le début de la course, c'est rassurant.

On bascule ensuite en descente jusqu'à Sorbiers, passage incontournable de la SaintéLyon, grosse ambiance, on a retrouvé un peu de bitume et la pluie commence à faire son apparition timidement !! Pas de panique, c'est timide et j'ai ce qu'il faut dans le sac.

Je suis bien, je reste prudent quand même sur l'allure et on attaque la seconde difficulté, on me dépasse, je dépasse, j'avoue qu'on ne sait pas bien où on en est comme chaque année car il y a un mélange de solo et de relayeurs...donc pas d'affolement surtout, je regarde la montre, car je m'étais fixé des temps de passages aux différents ravito. Je ne reconnais pas bien où l'on est par rapport à l'année dernière, j'ai parfois quelques flash mais rien de sûr, donc aucun points de repères bien précis.

On est sur des sentiers plutôt gras mais pas trop encore, on arrive à courir plutôt bien, dès que la pente s'élève un peu plus je n'hésite pas à marcher vite pour relancer de suite au-dessus et sur les portions plates et en descentes, ça passe bien comme ça, car inutile de s'en mettre tout de suite plein les jambes avec ce qu'il reste.

Ma stratégie est d'arrivée "assez frais" à Ste Catherine km 32 car j'ai reconnu la portion Ste Catherine - Chaponost et elle pique !!

Les km défilent est je reconnais au loin l'église de St Christo, après quelques enchaînements de droite gauche sur les sentiers, on se dirige progressivement avec un petit groupe de coureur vers le village de St Christo. Je reconnais bien, premier point de relais pour le relais à 4, il y a toujours beaucoup de monde ici, l'ambiance est bonne, j'arrive à bien allonger la foulée en descente, je me dirige vers la tente du ravito, je chope un morceau de banane au vol, puis repars, je n'ai pas prévu de faire de stop ici.

Je sors de la tente, on repart direct en montée sur la route, je m'attends à peut-être voir les copains au-dessus et finalement rien, ils ont filé à Ste Cath pour être sûr de voir Ben qui est sur un rythme plus rapide que moi, pas grave je les verrai à Ste Catherine. Je passe 98ème, en 1h35' km 19, 600m de D+ de fait, pile dans mon temps de passage !

Photo du progrès : village de St Christo-en-Jarez

Photo du progrès : village de St Christo-en-Jarez

St Christo-en-Jarez - Ste Catherine : on rentre dans le vif du sujet tout en restant prudent sur l'allure.

Je passe donc cette bosse sur le bitume sous les encouragements du public, la pluie s'est bien invitée à la fête, j'ai hésité à sortir la veste mais j'attendrai Ste Catherine.

La suite en descente sur le bitume avant de chopper un petit chemin, sinueux un peu détrempé mais ça passe, je reste prudent tout en allongeant dès que possible la foulée car le prochain objectif est d'arriver "frais" et dans mon timing à Ste Cath.

La suite est une succession de montées et de descentes plus ou moins dures, j'arrive à bien trottiner tout de même, pas de grosses difficultés, je fais juste attention au sol rendu glissant et donc dangereux. On croise pas mal de spectateurs par endroits, des habitués que l'on retrouve chaque année autour d'un feu de joie, des cloches et des encouragements à tue-tête, ça fait bien plaisir alors qu'ils pourraient être au fond de leur lit sous la couette !

J'avoue je ne suis pas des plus à l'aise avec mon choix de pneumatique Scott Kinabalu RC...les petits crampons du dessous sont bien trop faibles pour le terrain gras et technique que nous avons.

Mais comme chaque année il faut faire un choix et cette année j'ai opté pour les mêmes que l'année dernière qui avaient affrontées la neige et les 72km sans problème ! Il faut trouver un mix entre l'accroche et le confort sur 81km ... j'ai donc choisi une paire de pompe que je connais bien aussi et plutôt mixte !

Les sensations physiques sont quant à elles plutôt bonnes, je garde un bon rythme, la pluie ne s'intensifie pas, mais je commence à être humide, il va être temps d'arriver au ravito pour revêtir la veste !!

Nous sommes sur les crêtes des Monts du Lyonnais, nous n'avons pas passé le point culminant encore, la température est supportable mais la pluie l'est un peu moins. Je cours un maximum dans les bosses, car j'ai mon objectif de temps en tête, je relance dès que je peux sur le plat car en descente je perds plus de temps que prévu car je joue tout de même la carte de la prudence, les appuis sont fuyants, le terrain est technique et glissant, il serait dommage de s'envoler dans le décor et se faire mal ici !

Je reconnais d'ailleurs quelques passages de 2017, que nous avions passé à ces endroits sur la neige, je m'étais même allongé de tout mon corps sans gravité l'année dernière lors d'une glissade sur la neige un peu avant le ravito.

Je regarde la montre, nous approchons des 30km, il reste plus guère avant de retrouver l'assistance des copains, ça fait du bien à la tête et ça motive pour avancer. Les jambes sont bien, les sensations du départ se confirment, tous les voyants sont au vert, juste cette petite frustration de ne pas plus pouvoir courir vite en descente.

Au fil des km, j’aperçois le village de Ste Catherine, il s'en suit une longue descente sur un chemin très étroit et rempli de cailloux dans tous les sens en y rajoutant un peu de boue et de flotte, donc une fois de plus je descends le plus rapidement possible mais sur la retenue quand même, quelle frustration !

Certains me dépasseront plus rapidement, on arrive pas toujours à identifier si ce sont des relais ou des solos, mais qu'importe je fais ma course et on comptera les points à la fin !

J'arrive en bas de cette descente, la pluie s'est accentuée, j'entre sur la zone de ravito et les copains sont bien là, ils m'appellent au loin, je les ai repéré, difficile d'ailleurs de les louper, ils sont avec leur perruque pour faire le spectacle et m'accueille comme un pro !!!! Tout y est, les encouragements, le parapluie pour me mettre à l’abri, Greg me file mes flasques, je refais le plein d'énergie, Baptiste me file ma veste car nous sommes belle et bien partie pour une nuit d'enfer !!!

Je biperai 118ème, en 2h55' pour faire ces 31,8km et 970m de D+, un peu en avance sur mes prévisions, plutôt de bonne augure pour la suite !

Ste Catherine - St Genoux : dans le vif du sujet et à cours de batterie !

Je repars camouflé sous ma veste, avec les encouragements des potes, ça boost, on se reverra 29km plus loin à Soucieu !!! 

Cette partie là je la connais plutôt bien pour l'avoir reconnu 3 semaines avant. Nous allons passer par les plus haut points des Monts du Lyonnais.

Cette année nous enchaînerons la montée du Rampeau et la montée au Signal de St André la Côte !

Je sors donc du village de Ste Catherine, quelques passants m'encouragent en pleine nuit ça fait toujours plaisir.

Je file sur un petit chemin agricole avant la traversée de route et la montée en S qui pique un peu j'avoue à ce stade de la course. J'alternerai la course et la marche active, pour relancer de suite sur le plat. On choppe un bout de route, je peux rallonger un peu la foulée puis on se lance dans la descente du bois d'Arfeuille la fameuse bien réputée pour sa technicité, idem je cours mais j'ai du mal à me lâcher complètement en descente, la pluie n'a pas cessé et le terrain est très glissant.

On bifurque à gauche à la perpendiculaire pour s'attaquer au km 38 environ à la montée du Rampeau, une jolie grimpette dans laquelle j'en profiterai pour me ravitailler, m'hydrater et marcher car elle est raide de 200m de D+ sur un km, soit du 20% de moyenne donc autant vous dire qu'il faut gérer !

Je glisse un peu, je monte les mains sur les cuisses, la capuche sur la tête, il y a quelques coureurs autour de moi, j'arrive à remonter sur certains, mais on sent qu'elle fait mal aux guiboles celle-ci !!

Une fois arrivée au-dessus, je trottine pour remettre en route les jambes, je suis sur un chemin agricole avant de chopper un bout de route puis de repartir en descente un peu technique tout de même il faut l'avouer. La suite se passe en montée progressive, le vent s'est invité à la soirée et même le brouillard sur les hauteurs car nous nous dirigeons en direction du signal de St André la Côte, le 2ème point le plus haut des Monts du Lyonnais qui culmine à 934 m d'altitude.

On se retrouve tantôt sur la route tantôt sur les chemins, puis à la sortie d'un petit chemin pour rattraper une toute petite portion de route en montée, qui je vois...Sissi arriver sur ma droite km 40, on échange quelques mots, elle a froid, on sent que c'est dur aussi pour elle mentalement mais on avance un bout ensemble, avant de repartir sur un chemin sur lequel elle prendra les devants.

Elle semble plus à l'aise que moi, en même temps Sissi c'est une guerrière, elle connait bien ce genre de météo, de course, elle vient de faire une grosse saison et c'est une dure au mal.

J'ai du mal à allonger la foulée sans glisser, les appuis sont très fuyants, je l'ai en ligne de mire, mais de la à revenir sur elle ça semble compliqué !

Je continue à mon rythme tout de même, puis au loin je distingue tout un groupe de frontales remonter une pente, je vois bien où ils sont et de suite je sais ce qu'ils ont fait !! L'accès au signal se fait par un petit chemin que l'on prend sur la droite d'un chemin en descente...ils sont allés tout droit visiblement. D'où l'intérêt pour cette fois d'avoir repéré et c'est le même que l'année dernière, donc immanquable pour moi, je trottine dans la pente un maximum, puis marche, je me retourne je vois les frontales revenir sur moi, je me remets à trottiner puis j'arrive au-dessus, là où l'année dernière il y avait pas mal de neige et de verglas.

On avait d'ailleurs fait un bout de chemin avec Sylvaine et je me souviens bien ses 2-3 gamelles dont une en redescendant du signal sans gravité mais j'ai eu peur pour elle !

Cette année, c'est la flotte, la boue qui s'invite à la fête, ça glisse, Sylvaine me re dépasse du coup car elle avait suivi le mauvais chemin aussi visiblement, puis elle disparaît progressivement au milieu de la nuit, elle semble plutôt bien.

Pour ma part, physiquement ça va, c'est plus au niveau de la tête où c'est dur d'avancer dans ces conditions, sous sa capuche, sous la flotte, dans un épais brouillard par endroit où la frontale éblouis et ne nous permet pas de voir à 2m ! En plus de ça je n'ai pas une bonne stabilité, je cherche à passer là où il y a le moins de boue possible pour pouvoir avancer quand même à un rythme correct. On choppe un bout de route, puis on repart en descente sur un chemin assez piégeux, je sais qu'on se rapproche progressivement du ravito de St Genoux et fort heureusement car ma frontale commence à me jouer des tours.

Heureusement j'ai la batterie de rechange dans le sac, je passerai 2 ou 3 km à jouer de l'appel de phare avec dame Petzl puis heureux d'arriver au ravito et demander gentiment à une bénévole de me sortir ma batteie du sac. Je fais l'échange, ravito express, je croise Manu, le chéri de Sissi (Manu Gault quand même qui a déjà gagné la SaintéLyon entre autre), blessé pour l'évènement, il est en mode assistance pour sa douce ! C'est lui qui me reconnaît, on se salut rapido, j'ai trouvé son geste très sympa comme quoi dans ce milieu les élites savent rester simples, humbles et abordables ! Sylvaine vient de passer, elle doit être 4ème féminine, elle va aller chercher la boîte je pense !! J'arrive 3 min derrière elle d'après les temps de passage du livetrail.

Je pointerai donc 119ème à St Genou en 4h43', km 46,8 avec un peu plus de 1400m de D+ de fait, j'ai 5 min de retard sur mon temps estimé !

Apperçu du terrain, photos prises sur le net.
Apperçu du terrain, photos prises sur le net.

Apperçu du terrain, photos prises sur le net.

St Genou - Soucieu-en-Jarest : pas d'amélioration au niveau des conditions mais on retrouve les copains !

Je choppe un peu de banane au vol avant de quitter St Genou, un pissou et c'est reparti sur une toute petite portion de route avant de bifurquer sur un petit chemin bien gras, ça glisse à n'en plus finir. Je connais bien cette portion aussi, le profile est majoritairement descendant, on va se rapprocher de la civilisation, on aura un peu moins de dénivelé mis à part une belle bosse au niveau de Rontalon km 51, de 2,5km et un peu plus de 120m de D+!

Les 2 descentes qui précèdent sont plutôt très accidentées, très techniques où à chaque pas tu penses à tes chevilles, les pierres sont dans tous les sens, les feuilles cachent tous les pièges, ça glisse, je suis au ralentit tellement je crains de me faire mal. Je joue la carte de la prudence à 100% dommage, je suis sur la retenue, mais je préfère finir entier et finir tout court !

Une fois au pied de cette fameuse bosse, les bénévoles sont là, dans la pénombre complète, il y a juste 20 cm de boue, que j'essaye d'éviter tant bien que mal en passant sur les côtés, mais impossible les pieds baignent dedans et je m'attaque à cette bosse que j'avais réussi à courir tout du long à l'entraînement !

Ce soir ça ne sera pas la même, j'alternerai la marche et la course histoire de ne pas perdre trop de temps, mais ça glisse en plus et dès qu'on remonte un peu on se retrouve face au brouillard !

J'arrive enfin au-dessus, plutôt libéré car je sais que la suite va se passer majoritairement en descente et sur le plat pour retrouver la civilisation de Soucieu et les copains !!

Il me reste 8 km pour rejoindre le ravito, je vois bien que j'ai pris du retard sur mon temps estimé, mais je n'ai guère pu faire mieux compte-tenu des conditions qui nous sont offertes, alors je prends sur moi et j'avance, dès que je peux j'allonge la foulée.

La suite se fera majoritairement sur des chemins assez larges, qui n'exclus toujours pas la glisse, le terrain est gras, forcément depuis Ste Catherine, il y a eu le départ de la SaintExpress et 4000 coureurs sont déjà passés par ici, je ne vous raconte pas le champ de bataille !

On passe par quelques chemins à travers les vergers, il y a quand même quelques portions moins détrempées puis les portions de bitume me permette de reprendre du plaisir à courir, car les jambes répondent encore plutôt bien !

L'approche du ravito se fait sentir, je vois les lumières de Soucieu au loin, les lampadaires nous éclairent la route, j'arrive à revenir sur quelques coureurs sur le bitume, ouf ça fait du bien et le monde se densifie aussi signe d'une arrivée imminente.

Une fois de plus je connais bien cette portion, chaque année c'est la même, on traverse les ronds points, les bénévoles sont là pour la circulation, puis le gymnase est en vue, la pluie s'est calmée un peu ça me permet aussi d'enlever ma capuche enfin et d'entrer dans l'enceinte du ravito, je bip et je file au ravito dans le gymnase.

Je retrouve juste à l'entrée mon pote Greg et Vincent mon pote photographe qui est là aussi pour mon assistance, c'est super sympa les gars car par ce temps et à cette heure si tardive c'est courageux aussi de leur part !

Je suis au km 61 de nouveau un peu à la bourre de 18 min sur mon temps de passage, je passe en 6h26, 154ème encore quelques places de perdues surtout en descente, avec un peu plus de 1700m de D+ au compteur !

Les potes prennent soin de moi, me refont le plein, je me ravitaille, puis ne traîne pas pour ne pas prendre froid, je suis encore plutôt bien physiquement et je me raccroche au fait que les 20 bornes qu'il me reste sont majoritairement sur asphalte donc plus roulantes et qu'à Chaponost je vais retrouver la famille et d'autres potes !

Le visage est un peu marqué par la fatigue et la lassitude de ces conditions dantesques.

Le visage est un peu marqué par la fatigue et la lassitude de ces conditions dantesques.

Soucieu-en-Jarest - Chaponost : un regain de motivation

Après ces 29km difficiles on retrouve des portions un peu plus roulantes. Avec les potes, on se donne rdv à l'arrivée cette fois-ci, je repars boosté quel regain d'énergie de voir les potes et se dire que dans 9 bornes c'est la famille que je retrouve !

Je connais bien cette portion aussi, alors je fonce, la fatigue se fait sentir mais les sensations restent bonnes, j'arrive à allonger un peu le pas quand même sur ces portions roulantes, c'est agréable.

Je me retrouve sur une longue portion de route avant de retrouver un sentier descendant avec quelques gros cailloux à franchir, petite pause technique avant de passer le petit pont métallique qui permet de rejoindre le sentier qui longe la rivière du Garon, un endroit que je connais bien par ici pour m'y entraîner régulièrement.

C'est encore bien humide par ici, la pluie est toujours de la partie mais elle a largement diminué d'intensité !

J'arrive à courir tout de même malgré quelques appuis encore bien fuyants, puis arrive la fameuse côte dans laquelle je m'entraîne, la montée des lapins une petite bosse de 70m de D+ sur 600m environ, d'habitude elle se court bien, mais là les jambes commencent à fatiguer, je la marcherai vite, j'essayerai de trottiner de temps à autre puis termine les marches finales en marchant.

Je relancerai direct au-dessus, on se retrouve sur un chemin blanc...plus très blanc mais plutôt marron pour l'occasion, je me forcerai à courir car je sais exactement ce qui m'attend jusqu'à Chaponost et même jusqu'à l'arrivée car rien a changé depuis cet endroit là par rapport à l'année dernière.

Je me rapproche ainsi du gymnase lieu du ravito, quelques lampadaires m'éclairent la route, c'est confortable de reconnaître les lieux et j'ai ha^te de retrouver mes proches et copains !

J'arrive à quelques hectomètres de l'entrée, j’aperçois au loin ma fille Océane qui m'attend sous la pluie, puis belle-maman qui est là aussi, ouhaou quel bien fou de vous voir, on entre ensemble dans le gymnase et là je retrouve ma chérie avec mon fils et ma petite dernière, les copains Alain & Sylvain venu avec son fiston Albin qui me suivait sur le live !

Je suis obligé de marquer un petit stop, pour les saluer, leur faire un bisou c'est la moindre des choses, eux qui se sont levés pour m'encourager il est un peu moins de 7h du mat' car je bip en 7h26' km 69,6 un peu plus de 1800m de D+, toujours 154ème !

Je les remercie bien et file car il me reste un peu moins de 12km pour être finisher, alors je fonce, je repars en courant, je me sent plutôt bien et suis motivé à fond pour en découdre.

Chaponost - Hall Tony Garnier : la délivrance

Je sors du gymnase direction le parc du Boulard que je connais par cœur, le sentier est trempée, car à cet endroit ce sont les 3 coureurs des 3 autres courses qui sont déjà passés...donc c'est une vraie patinoire de boue, on longe l'étang puis on attaque une petite difficulté à la sortie du parc avec quelques marches d'escaliers ! L'eau ruisselle sous forme de torrent de boue, on a pas le choix de monter à travers ce bourbier, cette flotte qui dégringole les marches sous forme de cascade !

J'arrive au-dessus, puis on retrouve rapidement la route, puis de nouveau des sentiers détrempés avant de rejoindre la route qui va nous mener aux fameux aqueducs de Beaunant, dernière grosse difficulté !!

Avant on traversait la route directement, mais cette année pour cause de travaux, nous sommes obligé de contourner un peu plus loin et à cet endroit je retrouve à ma plus grande surprise mon ami Alain, tout droit descendu de Chaponost pour me revoir, merci amigo !

Il décide d'emboîter le pas et faire quelques hectomètres avec moi dont une partie de la fameuse montée des aqueducs, une pente très raide de 900m sur laquelle nous prendrons 100m de D+ !

Il me laisse au 2/3 en me souhaitant bonne fin de course, je le remercie ça fait toujours plaisir, puis je bifurque à droite récupérer un petit bout de sentier, celui de la descente de l'accrobranche de Ste Foy les Lyon, passage très glissant.

Une fois sortie du parc, comme les autres années, on repart en montée sèche sur le bitume au-dessus de laquelle on nous annonce 4 km  de l'arrivée !!!!

Cette fois-ci on s'en rapproche pour de bon, le jour se lève plutôt bien, de quoi éteindre la frontale. La suite se passe sur les balcons de la mulatière avec une alternance de petits coups de culs et de légère descente, avant de se lancer dans les dernières marches d'escaliers en descente pour rejoindre les quais de Saône !

J'arrive à enchaîner plutôt bien les marches, j'arrive même à allonger la foulée le long des quais, je pense que ça devait être l'excitation et l'euphorie de sentir l'arrivée toute proche !

Encore quelques marches en montée cette fois sous le musée de la confluence pour rejoindre le dessus de la trémie, puis direction le pont Raymond Barre, où l'on croise du monde qui nous encourage, les photographes sont postés pour immortaliser les instants de joie d'en terminer, puis on bifurque à droite, je suis avec un coureur, je maintiens le rythme lui aussi, c'est fou d'avoir encore des jambes pour courir comme ça après 81km !

Après quelques zig zag le long des barrières pour nous guider vers l'entrée de la Hall Tony Garnier synonyme d'arrivée, j'entre dans cette enceinte mythique synonyme d'arrivée, le public nous encourage et je vois surtout ma petite famille ici présente le long des barrières pour m'encourager et me taper dans la main, puis c'est la fameuse arche qui me tend les bras, ça y est j'y suis, je suis finisher de cette dantesque SaintéLyon en 8h53' à la 176 ème place sur les 5207 costauds finishers !

J'avais projeté un résultat plus proche des 8h30' mais compte-tenu des conditions, je m'en contenterai !

Merci encore à toutes les personnes famille amis qui m'ont encouragé avant, pendant et après la course, les bénévoles qui sans eux on ne pourrait pas réaliser ce genre d'évènement et un grand merci aux potes des Monts du Lyonnais pour leur bonne humeur, la bonne ambiance et l'assistance 4 étoiles.

Prochain rendez-vous à quelques milliers de km d'ici, au Cambodge sur le 32 km de la Jungle trail de l'Ultra Trail d'Angkor le 19 janvier 2019 !

En attendant, passez de bonnes fêtes de fin d'année et à bientôt !

Une idée des pompes et la délivrance
Une idée des pompes et la délivrance

Une idée des pompes et la délivrance

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