Photo de la couverture

Photo de la couverture

Ah la SaintéLyon, cette course mythique, la grande dame comme on l'appelle ! Pour moi c'est une course locale, l'occasion de retrouver pas mal de potes et sur laquelle je m'aligne chaque année depuis 2013 (l'année des 60 ans) pour clôturer la saison !!

Cette année je n'ai pas dérogé à ma règle (tout pendant que je progresse, je signe sur la solo !!!), donc dès l'ouverture des inscriptions je savais que je terminerais par la grande dame ... mais chaque année ce qui est top avec la SaintéLyon c'est qu'on ne sait jamais les conditions qu'il y aura !!! :-)

L'année a été plus intense que l'année dernière, j'ai fait plus de volume, je commence à travailler depuis quelques mois avec mon nouveau club, l'ESL Pierre-Bénite, le travail de vitesse sur différents modèles de fractionnés avec notre coach Philippe Rémy et les potes qui sont de véritables lièvres pour ne pas dire des lévriers pour moi !!

J'avoue que c'est tout nouveau et que j'avais ressenti fin octobre - début novembre, une fatigue générale entraînant une baisse de forme et d'envie qui s'est confirmée sur le marathon des Causses ! Cette expérience permet de continuer à apprendre à se connaître, il faut en tirer les bonnes conclusions et les mettre en pratique ! J'ai donc fait un mini break régénérant d'une semaine qui m'a fait le plus grand bien avant d'attaquer ma prépa SaintéLyon.

J'avoue que j'appréhendais un peu car quand on vit une mauvaise expérience en course, on a peur qu'elle revienne ! J'ai donc suivi le plan d'entraînement de Philippe qu'il avait préparé pour un pote qui avait les 44km à faire séparant Ste Catherine à Lyon et je l'ai modelé à ma sauce !

La dernière semaine fût plus cool, avec ma traditionnelle séance de cryo chez les copains du froid de Cryoréflex Lyon, l'occasion de retrouver aussi quelques potes pour échanger sur la course qui nous attend !

 

Freeze Man chez CryoRéflex Lyon !

Freeze Man chez CryoRéflex Lyon !

J'ai retiré mon dossard le vendredi pour être serein, l'occasion de faire le tour des stands, rendre une visite à Flo de chez CimAlp, découvrir une nouvelle marque de chaussette, "la chaussette de France", discuter avec les copains de chez Spode (Thom, Pierre et Mathieu), passer sur le stand des copains jurassiens qui tiennent le plus beau stand de la hall pour faire un max de pub pour notre beau département du 39 et présenter l'ensemble des courses, faire déguster les spécialités, une occasion pour moi aussi de discuter avec Sam sur mon précédent UTTJ et le prochain peut-être !!

Ce fût aussi l'occasion d'aller rencontrer Matthieu Forichon "des bosses et des bulles", un artiste qui dessine à merveille des illustrations humoristiques sur la pratique du trail running, allant des petits tracas du traileur amateur aux performances délirantes des élites ! Rendez-vous sur son site ça vaut le détour ! www.desbossesetdesbulles.com 

Je lui achète donc sa dernière réalisation qu'il me dédicace gentiment, ah oui par ce que ce mec est super sympa aussi et très abordable, encore merci Matt ;-)

La dédicace (avec mon bonnet du jour !!) et le badge de ma devise #NoPainNoGain qui m'accompagnera sur ma Sainté
La dédicace (avec mon bonnet du jour !!) et le badge de ma devise #NoPainNoGain qui m'accompagnera sur ma Sainté
La dédicace (avec mon bonnet du jour !!) et le badge de ma devise #NoPainNoGain qui m'accompagnera sur ma Sainté
La dédicace (avec mon bonnet du jour !!) et le badge de ma devise #NoPainNoGain qui m'accompagnera sur ma Sainté

La dédicace (avec mon bonnet du jour !!) et le badge de ma devise #NoPainNoGain qui m'accompagnera sur ma Sainté

Et avant de sortir de la salle, je fais le selfie avec la mythique arche en arrière plan !

La fameuse arche

La fameuse arche

Le samedi fût consacré au repos et aux derniers préparatifs, ponctué par une super soirée chez mon pote Greg Mahinc de la team, celui qui m'a fait progresser dans les côtes cette année au passage (merci mon champion) !

Au programme pasta party et franches rigolades avant le départ pour Saint-Etienne, ça fait du bien de se retrouver entre potes avant la course, ça permet de se mettre dedans en toute sérénité !! :-)

21h30 départ pour Saint-Etienne avec nos 2 voitures (celle de Greg et la mienne), je laisserai la mienne à mon ami Julien, avec qui j'avais convenu 1 mois avant de faire mon assistance sur 2 des 5 ravitos du parcours et qui a de suite accepté l'invitation !!

Il fait frisquet, la neige est tombée dans la semaine et le parcours est bien enneigé et verglacé par endroit surtout sur la première moitié du parcours. Ils annoncent des températures négatives avec du ressenti proche des -10°C !! Comme je le disait au début, on ne sait jamais à quoi s'attendre quand on signe sur la SaintéLyon, cette année elle sera de saison, épique et très hivernale !!

Je partais sur des chronos pour aller titiller la barre des 7h, mais je pense que ça sera compliqué car les conditions 2016 étaient vraiment idéales, sèches et sans vent, alors cette année j'essayerai de faire au mieux et si je maintiens le score de 2016 (7h16') en arrivant sur mes 2 jambes ça sera déjà une belle progression et une victoire pour moi !

Pasta party avec les champions (pour info les 3 furieux du fond on fini 2ème sur le relais à 3, bravo les gars) !

Pasta party avec les champions (pour info les 3 furieux du fond on fini 2ème sur le relais à 3, bravo les gars) !

On arrive à St Etienne un peu moins d'une heure avant le départ, le temps de se mettre en tenue définitive et enfiler le dossard !! Ouhaou il fait frisquet ici, la neige est bien présente, mais le short reste de rigueur !!!! :-)

On se dirige vers l'arche de départ, on retrouve Marion et Clém (2 copines lyonnaises), on fait quelques longueurs d'échauffement ensemble, j'ai ma petite doudoune sur le dos histoire de ne pas prendre trois, puis finalement elle me gène plus qu'autre chose, je la refile à Julien car je dois penser aussi à aller me placer. On se fait la bise avec les potes, on se souhaite bonne course, je dis à Julien qu'on se retrouve à Ste Cath comme prévu, avec Marion et Clém on file se faufiler comme je l'ai fait l'année dernière par le devant afin de se glisser dans la première vague qui partira à 23h30, juste derrière le sas élites !!

On va patienter là pendant 20' à sautiller, lever les bras, taper des mains etc...avant que le départ soit donné pour de bon, on se souhaite bonne course avec les filles et c'est parti pour l'aventure nocturne !!

L'ambiance du départ !
L'ambiance du départ !
L'ambiance du départ !

L'ambiance du départ !

Saint-Etienne - St Christo-en-Jarez : 15,8km et 495m D+

Un départ rapide, il fallait s'y attendre, c'était prévu avec l'idée d'arriver d'arriver à Ste Catherine en 2h30' (contre 2h33' en 2016) ! Les 7 premiers km se passent sur route, on peut allonger la foulée, il faut rester prudent quand même car la route est longue et on est tenté d'envoyer. Je fais quelques foulées avec Marion, puis j'arrive à la hauteur de Sylvaine Cussot (élite femme, qui terminera 4ème féminine), on échange quelques mots (mon idée était au départ de la suivre le plus possible). Notre allure est un peu différente, je la dépasse car chacun sa course évidemment, de toute façon elle ne sera jamais très loin et me dépassera sûrement à un moment de la course (elle fait 6h38' l'année dernière !!). Pas d'affolement, je maintiens une bonne allure, je passe le 7ème km en 29'30" (30" de mieux que 2016), je suis vraiment bien, les sensations sont top !

A Sorbiers, commencent les hostilités, je retarde un max pour allumer la frontale pour préserver la batterie, nous en n'avions pas besoin jusque là, mais au 8ème km j'allume car on est sur un petit sentier et on a bien besoin de voir clair !!

Nous voilà parti sur chemin blanc et givré pour une succession d'ascensions pendant 5km environ, je trottine, tout se passe vraiment bien, j'aperçois 2 potes qui visent les 6h30 (ils feront finalement 7h10' et 6h57' : bravo Laurent et Yael)...je n'essaye donc même pas de m'accrocher, ça serait se mettre dans le rouge bien trop tôt et inutilement !

Il s'en suit une légère descente, rien de dangereux, il faut faire attention car le sol est bien gelé mais ça passe, avant de reprendre une petite bosse avant la descente qui nous mènera à St Christo. Premier point sur le chrono, je passe avec le même timing que 2016, en 1h17', 131ème, j'entends un pote qui attend son relais qui m'encourage, je reconnais Manu, puis je file. Léger coup de cul pour accéder à la zone du ravito, que je passerai car je n'ai pas prévu de m'arrêter sur celui-ci, je poursuis en montée, avec de nombreux encouragements du public bien présent à une heure aussi tardive ça fait plaisir, merci !

Photo du village de St Christo, du journaliste du progrès Pierre CHARMET !

Photo du village de St Christo, du journaliste du progrès Pierre CHARMET !

St Christo-en-Jarez - Ste Catherine : 12,4km et 355m de D+ 

Un œil sur le chrono, je suis content, je suis dans les temps et les sensations sont top ! Je n'ai pas froid, il n'y a pas de vent pour l'instant, je poursuis en descente sur bitume, puis léger plat sur sentier avant de retrouver une bosse au 18ème km où je cours au maximum, puis il s'en suit une légère descente avant de passer sur un km de montée et 130m de D+, avec des passages à plus de 20% où j'alterne marche active et course pour m'économiser pour la suite !

Je relance de suite au-dessus de la bosse sur du plat en sous bois, avec alternance de petites bosses mais qui passent bien, jusqu'à ce que mon pied heurte une pierre et me propulse à terre tout du long, je m'étale littéralement. J'ai le réflex de mettre les mains devant pour me protéger le visage, heureusement la neige a plutôt bien amorti le choc, je me relève aussitôt, les coureurs qui m'entourent de demandent de suite si ça va, je les remercie bien et leur dit que tout va bien !! Puis il s'en suit une descente d'un peu plus de 5km en 2 parties avec un petit replat au milieu.

Il faut toujours faire preuve de vigilance car les sentiers sont enneigés, givrés et techniques par endroit. Le vent glacial nous accompagne comme annoncé. 

Je connais bien cette partie car chaque année on passe par là et au-dessus de la dernière descente on aperçoit le village de Ste Catherine ! Je sais qu'à ce moment là je vais retrouver Julien pour mon assistance, ça va me faire du bien de voir une tête connue, refaire le plein et prendre des nouvelles des potes qui sont sur le relais à 3 !

Je n'ai pas revu Marion, ni Sylvaine, je termine la descente avec prudence, avant de retrouver un petit morceau de route et entrer sur le ravito. J'aperçois au passage le caméraman de Sylvaine qui doit l'attendre, je le connais c'est Laurent Brière, on se fait un salut furtif puis je file me ravitailler ! Je prends bananes, tucs comme d'habitude et un thé bien chaud, ça fait du bien. Je vois Julien au bout du ravito, sur la zone des accompagnateurs, je me dirige vers lui pour faire le plein des mes flasks et de mes gels pour la suite. Je n'ai pas beaucoup bu, mais je fais le plein pour rallier le prochain stop où je verrai mon ravitailleur de choc c'est-à-dire un peu plus de 24km plus loin à Soucieu-en-Jarrest. J'en profite aussi pour prendre des nouvelles des copains, Robin est arrivé 1er du relais à 3 et Greg à pris le relais pour le 2ème tronçon avec 30" d'avance, j'imagine qu'il est parti à bloc le connaissant !! 

Je reste concentré et repars motivé à bloc sous les encouragements de Ju.

Ste Catherine - St Genou/Chaussan : 13,2km et 427m D+

Je connais bien cette partie pour l'avoir reconnu à 2 reprises !

Je sors du ravito et vois Sylvain (Sissi) juste devant moi avec le caméraman, je ne peux pas la louper, je reste derrière, on poursuit sur une portion de route, avant de bifurquer sur la droite sur un petit chemin, je me retrouve à sa hauteur pour discuter un peu, elle va bien et se trouve à la 9ème place féminine apparemment. Elle est sereine, la course n'est pas terminée. On dit souvent que sur la SaintéLyon, la course commence à Ste Catherine et qu'idéalement il faut arriver assez frais à cet endroit !

Pour ma part les sensations sont très bonnes malgré les 28km et 850m de d+ bouclés en 2h30', soit 3'de mieux que l'année dernière et à la 155ème position ! 

Je passe devant Sissi pour attaquer une longue montée de 3km et 170m de D+, une montée que j'attaque en marche active, mais je me remets vite à la course car je n'ai pas de temps à perdre et les jambes répondent bien, alors j'avance.

Au-dessus, je passe en descente légère, pour enchaîner sur un petit coup de cul puis enchaîner de nouveau sur une descente un peu plus pentue que je reconnais bien, avant de me retrouver sur du plat, un chemin agricole, la neige est toujours présente et l'approche du point culminant de la course se fait sentir ! Je vois au loin un feu qu'on fait des spectateurs et un peu plus loin encore une arche bleue énorme, c'est les organisateurs du trail des Coursières, ils m'avaient prévenu qu'ils allaient être présents un peu avant le signal pour la ola !! 

Nous sommes en montée progressive, il y a un léger zef assez frais, mais je cours, je me sent toujours bien, je n'ai pas froid, les jambes sont bonnes, Sissi n'est pas très loin derrière, j'aperçois une connaissance des Coursières qui m'encourage (merci Erik), puis je passe sous l'arche avec une ambiance et des encouragements dignes du tour de France, en pleine nuit ça fait bien plaisir et chaud au coeur (merci à vous) ! Puis l'ascension se poursuit, on bifurque sur la droite, je reconnais bien, on attaque la montée vers le signal, je trottine, puis Sissi me passe, m'encourage au passage, ça motive, je continue de courir dans cette bosse, je sais qu'au-dessus l'ambiance va être bonne car c'est le point culminant de la course (934m). En effet les spectateurs sont là, moins que ce qu'on vient de vivre avec les Coursières, mais ils ont le mérite d'être là.

Je repasse devant Sissi, on est parti pour 4km de descente, sur un chemin bien blanc et bien gelé, on descend avec prudence mais on descend bien, jusqu'à la chute sans gravité pour Sylvaine, je lui demande si ça va, apparemment oui, plus de peur que de mal !

Le chemin devient un peu moins technique, mais juste devant Sylvaine glisse sur une plaque de verglas, j'arrive dessus aussi, pas de chute, mais petite frayeur, c'est une vraie patinoire, puis on retrouve une petite portion de route. Elle prend un peu d'avance, puis on retrouve un chemin relativement technique et glissant où j'entends un cri sans l'image, je suis une vingtaine de mètres derrière, lorsque j'arrive je me rend compte qu'elle vient de refaire une grosse chute sur les fesses qui l'a bien secoué apparemment, mais elle repart en serrant les dents, je lui demande si ça va, elle me dit avoir eu un peu mal au dos lors de sa chute, mais que ça va aller.

Je l'encourage, car la suite, sur 1,5km sera pour moi la partie la plus technique, car lors des reconnaissances, sans neige ni verglas c'était jonché de pierres et de racines donc assez technique, où il faut vraiment faire preuve de vigilance, alors là je n'ose pas imaginer ce soir !

Je passe devant, jongle entre les pierres, les racines pimenté de neige et verglas, une descente interminable, je lui dit qu'on va retrouver la route d'ici peu. Elle repasse devant, un organisateur nous préviens qu'il faut serrer à droite car c'est très glissant ! Ouf, nous voilà sur la route, en direction de St Genou.

Sur la route, Sylvaine allonge la foulée, on est en descente, on arrive à un croisement, légère bosse, je repasse, puis replat, je repasse devant, puis direction St Genou où on arrivera en même temps, elle s'arrête, moi non je n'avais pas prévu le stop à cet endroit.

On pointe en 4h de course, 144ème, km 41, les voyants sont toujours au vert !!

Quelques images givrées prises par Pierre CHARMET, journaliste du progrès ! L'arche des Coursières, avec le passage de Thibaut Garrivier
Quelques images givrées prises par Pierre CHARMET, journaliste du progrès ! L'arche des Coursières, avec le passage de Thibaut Garrivier
Quelques images givrées prises par Pierre CHARMET, journaliste du progrès ! L'arche des Coursières, avec le passage de Thibaut Garrivier

Quelques images givrées prises par Pierre CHARMET, journaliste du progrès ! L'arche des Coursières, avec le passage de Thibaut Garrivier

St Genou/Chaussan - Soucieu-en-Jarrest : 10,9km et 244m de D+

Idem, cette portion je la connais bien pour l'avoir reconnu.

Elle est assez roulante jusqu'à Soucieu-en-Jarrest, je passe donc tout droit au ravito, poursuit sur une petite portion de route, avant de bifurquer sur un chemin, la neige et le verglas commencent à disparaître, nous voilà bientôt tiré d'affaire !

Sylvaine qui elle a fait un stop éclaire, me rejoint et me dépasse sur cette portion plate, avant une longue descente de 2km moitié chemin moitié route. A cet instant je ne la reverrai plus, elle a mis les watts (elle finira en 6h59' et 4ème féminine, bravo).

Je retrouve une portion de route pour rejoindre le village de Rontalon, je suis sur un faux plat montant que je cours, avant de rejoindre au centre du village, un petit chemin en descente qui va nous emmener jusqu'à une longue montée progressive de 1,5km et 120m de D+. Dans la descente je remonte quelques coureurs, pas toujours facile d'identifier si c'est un relais ou un solo car parfois les sacs cachent le dossard. 

Je négocierai cette bosse avec 2 autres coureurs solo, je fait les premiers hectomètres, les plus pendus en marchant activement, puis j'alterne avec la course, pour finir en courant complètement car les jambes continuent de répondre, alors j'en profite surtout que je la connais. On s'encourage avec un coureur, puis on bifurque au-dessus sur la route, en descente ! Cette partie de 4km alternant route et chemin me permet d'allonger la foulée pour gagner des précieuses secondes voir minutes qui seront sûrement importantes pour la fin de course ! 

Je sais aussi que j'approche du ravito de Soucieu où je vais retrouver Ju. Les passages sont un peu différents de ceux des reconnaissances, mais de peu, je regarde la montre, je suis assez bien niveau timing, seulement 10 petites minutes de plus, mais j'avais calculé mes temps en tenant compte d'un temps sec, donc pas d'affolement ça reste acceptable. Dans ma tête à cet endroit, je me dit qu'aller chercher le même chrono que 2016 sera bien vu les conditions. 

J'arrive donc au ravito en 5h05', 122ème, j'aperçois Julien qui est bien là, des spectateurs m'encouragent (merci, je n'ai pas reconnu dans la nuit, désolé :-) ), puis arrêt furtif au solide (bananes, tucs), puis ressort retrouver Ju pour faire le plein (petit plein) car peu consommé à cause des embouts des flasks gelées par le froid, donc je buvais un filait à chaque fois, je m'enfile un peu de boisson de récupération que j'adore (une première, mais je connais bien, donc pas de risque) et j'en profite pour changer de frontale pour être certain de voir bien clair jusqu'au bout. Je repars régénéré à bloc, avec les encouragements de Julien, qui me glisse l'info qu'il viendra me voir passer à Chaponost !!! 

Soucieu-en-Jarrest - Chaponost : 9,8km et 175m de D+

Donc maintenant, en route pour le prochain ravito, sur lequel j'ai prévu de passer tout droit, mais sur lequel je ferai un salut à mon ravitailleur de choc, ça fait toujours plaisir de se dire qu'en pleine nuit, tu vas retrouver une tête connue !!

Cette partie je la connais aussi pour l'avoir reconnu.

Je repars sur route, je suis bien franchement, je me sent mieux qu'en 2016 (l'année dernière j'avais accusé un peu le coup à ce moment de la course), léger coup de cul avant de repartir en descente légère toujours sur route. J'entends derrière moi une voix que je connais c'est Manu (un copain qui court avec les foulées de Beauregard) qui vient de prendre son relai (relai à 4 des vétérans), qui me dépasse, m'encourage, j'en fait de même, ça fait toujours plaisir de voir une connaissance à ce moment de la nuit et de la course ! On bifurque à droite sur un chemin peu carrossable, les chevilles partent dans tous le sens, je connais bien cette portion, il faut faire attention, puis on franchi un petit pont avant d'attaquer un petit coup de cul que je passerai en marchant activement car ça commence à tirer un peu j'avoue ! 

Je relance de suite au-dessus de la bosse, sur route avant de bifurquer sur un chemin à gauche, puis à droite sur un chemin assez large, puis on poursuit sur la gauche sur un single en sous bois descendant, qui va nous emmener jusqu'au Garon (petit ruisseau). Cette portion se passe plutôt bien, le terrain est revenu à la normal, sec, on oubli les galères de neige et de verglas, mais les pièges sont quand mêmes présents, alors il faut continuer à faire attention car la fatigue est quand même bien là après bientôt 60 bornes !

Je suis au milieu des coureurs solo, des relayeurs, j'arrive à remonter du monde, des relayeurs me dépassent à grande vitesse, on passe sur le pont du Garon, il s'en suit une longue ligne droite sur chemin que je connais bien, j'en profite pour essayer d'allonger la foulée. Je sais ce qui m'attend, un bon km de ligne droite avant une belle bosse, la "montée des lapins", bosse que je connais bien, on la prend depuis quelques années et je me fais quelques séances en côtes lors des entraînements! Sauf que là, je passe en mode marche car musculairement en montée ça commence à piquer, j'essaye bien de trottiner, mais je sent que je n'avance pas plus qu'en marchant activement, alors je m'économise, pour reprendre une foulée à peu près normal au-dessus de la bosse sur un chemin agricole, où je reviens sur quelques coureurs. 

On continue sur la route, elle peut paraître interminable car nous sommes sur le bitume, une longue ligne droite sur faux plat montant avec l'éclairage des lampadaires qui t'éclairent la route en plus de la frontale, rien d'excitant mais vaille que vaille, le ravito approche et je devrais croiser Ju, ça motive, une sorte d'objectif avant le dernier tronçon !

Je passe pas loin de la maison d'un couple d'amis, comme chaque année j'ai une pensée pour eux forcément, puis on bifurque à droite puis à gauche direction le rond-point juste avant le ravito où je retrouve bien Julien qui est là pour m'encourager, je lui tape dans la main, je file tout droit, je passe au check point à l'entrée du gymnase, je traverse tout droit. J'aperçois un copain (Dom) sous sa doudoune bleu, je l'appelle tout en courant, on se reconnait, il me fait signe que ça ne va pas, je comprends vite qu'il a abandonné (en effet j'apprendrai après qu'il à traîné une contracture les 3/4 de la course qui l'on empêché d'avancer plus), donc sagement et avec un gros regret car il était dans les 35 premiers, il se résigne à mettre le cligno' (il y en aura d'autres Dom, tu reviendras plus fort) !

Pour ma part, je passe tout droit, je viens de passer en 6h07' de course, km 62 avec presque 1700m de D+ d'avaler, 120ème ! Dans ma tête les 7h sont impossible, mais ça je m'étais fait une raison très rapidement au vu des conditions, donc depuis un petit moment, mon objectif est d'essayer d'aller grapiller un peu sur mon temps 2016 et ça sera une belle satisfaction ! 

Il me reste donc un peu plus d'une heure pour rallier l'arriver, qui se trouve à 11km de là avec encore quelques petites difficultés (un peu plus de 250m de D+) ! C'est parti à travers le parc, en descente légère, je me sent toujours bien, je vais essayer de tout donner sur ce tronçon pour aller chercher le meilleur chrono.

On traverse le parc, je remonte quelques coureurs, on contourne le plan d'eau, je connais bien le traçé, je sais à quoi m'attendre, la suite se fait en montée que je passe en mode marche active. Je relance aussitôt au-dessus, je dépasse quelques coureurs (du solo et relais tout confondu), je bifurque à gauche sur la route en légère montée, je cours sur cette route qui nous font passer le panneau Chaponost, je connais parfaitement le coin, on y passe chaque année et mes beaux-parents habitent pas loin.

On tourne sur la droite, une légère descente qui va nous emmener avec quelques petits passages technique jusqu'à la voie ferrée, où l'on bifurque juste avant sur la gauche en montée, je suis avec un coureur solo qui m'annonce est complètement cuit, mais il s'accroche.

On est sur un faux plat montant, avant de rejoindre un petit passage sur chemin au milieu de petits sapins, puis retrouver la route qui va nous emmener jusqu'au aqueducs de Beaunant ! 

 

 

Photo prise sur internet de la montée des aqueducs de Beaunant

Photo prise sur internet de la montée des aqueducs de Beaunant

Les organisateurs nous font traverser la route avant d'attaquer la fameuse montée des aqueducs, une pente avec des passages à 20%, je l'attaque en marchant, j'essaye de trottiner par moment, j'alterne mais c'est dur tout le monde marche autour de moi, mais je sais que ça sera de précieuses secondes de gagné, enfin j'espère !!

Au 2/3 de la côte on tourne à droite, on continue à grimper avant de basculer en descente à travers le parc accro branche de Ste Foy-les-Lyon, je dépasse pas mal de relayeurs, je les reconnais avec le numéro vert, je leur indique que j'arrive derrière, je suis en mode optimisation du temps, pas une minute à perdre, alors j'annonce que je passe à droite, à gauche !

Je sors du parc, c'est une montée bien raide qui nous attend, courte mais raide (comme chaque année), avant de basculer en descente sur le bitume juste après, pour rejoindre le petit square de la mulatière, que je cours vite, je double une connaissance (Thom de chez Spode une boutique de running lyonnaise, qui m'encourage, merci ;-)), il est sur son relai.

Il reste 4km, je regarde le chrono, je suis à 6h55' de course, en gros il em reste 20' pour aller améliorer mon chrono 2016, donc il faut tenir un 5' au km soit un 12km/h ! C'est parti, je termine sur une portion de route sur un léger faux plat montant au niveau des hauteurs de la mulatière, j'allonge la foulée comme je peux, ça passe bien, les jambes sont fatiguées mais pas de crampe ni de signe de grosse fatigue, alors j'allonge tout ce que je peux.

Je bascule en descente sur une série d'escaliers que j'arrive même à descendre 2 par 2, oui je prends le risques car les minutes sont comptées et je ne vais pas laisser échapper l'espoir de gagner quelques précieuses secondes qui pourront valider mon objectif de faire légèrement mieux que l'année dernière.

J'arrive en bas des centaines de marches, les organisateurs m'indique la route, je la connais par coeur, j'allonge encore plus la foulée (l'année dernière j'étais plus entamé que ça je me souviens), je suis sur les quais de Saône, passage sous le pont, encore quelques marches à grimper, aie, puis j'arrive devant le musée de la confluence, où je me jette dans la bataille pour aller chercher les 7h15' de course.

Je rallonge encore la foulée pour contourner le musée, puis me retrouver sur le fameux pont Raymond Barre, avec des passants, spectateurs qui nous encourage, je suis entre 13 et 14km/h, un coureur est avec moi, puis j'enchaîne juste à droite après le pont, une fin de course en slalom au milieu des barrières, un peu interminable, accès moins direct que l'année dernière, le chrono défile pendant ce temps là !

Puis j'arrive enfin dans la chaud enceinte de la Hall Tony Garnier où j'entends le speaker annoncer les arrivée, un coup d'oeil aux spectateurs voir si je vois des têtes connues, puis dernier virage sur la gauche avant le passage de l'arche, un oeil sur la montre, je vois 7h15', je suis heureux et passe la ligne en poussant un cri de délivrance, en 7h15' et 53" exactement, soit une petite minute de moins que l'année dernière ! Je jette un oeil à la montre, elle affiche 73,4km et 2095m de D+, un peu plus que 2016, je suis à la 116ème place, soit 21 places de gagnées ! :-) 

Un coureur me tape dans la main, on se félicite, puis j'apperçois quelques têtes connues mais surtout mon assistant de choc Julien, qui vient d'assister à mon arrivée, une sorte de délivrance aussi pour lui qui a passé toute la nuit dehors, à accéder aux ravitos comme il a pu, il a vraiment assuré, merci mon Ju !

Je file au ravito, mais avant je croise et félicite un couple de potes (Nico & Marion) qui viennent de faire 2ème  sur relais à 2 mixte.

Marion était donc arrivée quelques minutes derrière moi à Ste Catherine et Nico qui avait pris le relai m'a dépassé sur les premiers km qui on suivi Ste Catherine, bravo les copains !

Je file me ravitailler, échanger quelques mots avec des connaissances qui arrivent progressivement, puis je récupère mon maillot de finisher, bien mérité celui-ci, puis file me doucher ... 

Ah les douches : un grand moment, car elles sont à l'extérieur de la Hall, une sorte d'immense camion dehors, on se change un peu à courant d'air, je fais fissa pour vite retourner tout propre dans la hall pour aller prendre le repas chaud qui m'attend ! Julien insiste pour me porter mon sac, ça me gène, il insiste car veut jouer son rôle d'assistant jusqu'au bout, quel bon prince ce Ju, tu es vraiment extra !! 

Je croiserai Sissi et Manu, on se refait la course, c'était sympa ces quelques km passés ensemble, malheureusement pour Manu il aura mis le clignotant au 35ème km pour mal de bide.

Place au repas, quelques nouilles, petits pois, morceau de fromage, un clémentine et sans oublier la bière de récupération bien méritée !! 

On ne traîne pas derrière, je croise de nouveau un pote, Yo Rose avec sa chérie qui en a fini aussi avec qui on échange, on se félicite mutuellement puis direction la voiture car j'ai envie de retrouver la petite famille et me poser !

J'en profite pour faire un crochet à la boulangerie, pour partager quelques viennoiseries avec femme, enfants et Julien qui a bien mérité son pain au chocolat !!!

Le dernier virage !!

Le dernier virage !!

Mon arrivée !!
Mon arrivée !!
Mon arrivée !!

Mon arrivée !!

Je résumerais cette belle aventure nocturne, en un mot : HEUREUX 

H : Hivernale comme il se doit, la plus givrée de mes 5 participations sur la solo.

E : Entraînement, ma plus grosse année et des séances spécifiques payantes.

U : Union pour mon short et moi !!

R : Remerciements à ma chérie, ma famille, les amis, les copains, les bénévoles, le coach ESL Philippe Rémy et évidemment Julien qui a assuré comme un chef toute la nuit pour me faire mon assistance (efficace, présent, motivant, un sans faute) ! 

E : Encourageant, car cette petite minute de gagnée valent bien plus avec ces conditions et représente une sorte de récompense du travail effectué tout au long de l'année !  

U : Utile de respecter son corps et son esprit en marquant une pause annuelle de 15j de tout sport à partir de samedi avant de se lancer dans les nouvelles aventures en 2018 ! 

X : X comme l'inconnue en mathématique du nombre de km qui nous attend l'année prochaine pour l'anniversaire de la 65ème édition, certains parlent d'un 80km...donc à voir !!!

Comme vous l'aurez compris, je suis satisfait de ma 5ème édition, la plus difficile pourtant, mais je pense celle que j'ai le plus apprécié car je n'ai jamais souffert, jamais connu de coup de moins bien, j'ai très bien tenu musculairement malgré les volumes d'entraînements et le froid.

Ce fût la der de l'année, je ferai mon bilan sportif pendant ma coupure et en attendant, merci d'avoir pris le temps de lire et merci pour tous vos messages d'encouragements, je vous donne rendez-vous l'année prochaine pour d'autres aventures et d'autres objectifs !! :-)

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