Trail des reculées - Les Tufs

Publié le par Greg Chamberland

L'affiche de cette année

L'affiche de cette année

Comme chaque année, le rendez-vous est pris pour le trail des reculées.

L'occasion de le faire découvrir aux lyonnais et le partager en famille. Cette année, j'avais une petite revanche à prendre sur 2016 où j'avais connu 2 coups de moins bien, à cause d'une mauvaise gestion.

J'ai donc décidé de m'aligner sur le 34km et ses 1100m de D+ pour aller chercher les 3h de course maxi !!

La veille de course se passe plutôt bien, en famille et entre copains des foulées de Beauregard qui sont venus de St Genis-Laval, Anne, Oliv et Gégé pour visiter et partager un bon moment sur l'évènement (ils sont sur le 12km).

Je les emmènent donc visiter les cascades du Hérisson, repas sortie du sac au dessus de la cascade de l'éventail, balade, puis crochet en redescendant par Baume-les-Messieurs puis direction Lons-Le-Saunier pour la récupération des dossards et enfin passage incontournable à la fromagerie pour faire le plein des bonnes choses !

Je les accompagne ensuite à la chambre d'hôte, avant de retrouver la famille pour la traditionnelle pasta party d'avant course.

On immortalise l'instant avec ma petite sœur qui va se lancer sur sa première course et son premier trail, le 12km, le sport c'est une affaire de famille chez nous !! :-)

 

 

Les dossards en main !

Les dossards en main !

Le lendemain matin, je décide de partir un peu plus tôt avec papa, qui va gentiment me déposer en ville pour prendre mon départ, mais avant on décide d'aller se positionner pour voir le départ du 46km, sachant que j'ai quelques copains à encourager.

Puis une fois passé, à mon tour d'aller me préparer, entrer dans ma bulle doucement, mais avant petit coucou aux copains/copines du Team Trail Jura, petite photo, puis place à l'échauffement.

Je le fais sérieusement car comme chaque année ça va partir assez vite, donc il va falloir être prêt ! Le départ approche, je file donc me placer sur la ligne, puis c'est le décompte et c'est parti.

Je suis avec un petit groupe, 3 coureurs se détachent rapidement pour prendre les commandes, ils sont à quelques mètres, mais on laisse faire. On parcours les 2 premiers km assez rapidement, puis on arrive sur la première bosse qui va nous mener à Montaigu, un premier casse patte, on se rend vite compte que la pluie de la veille a rendu le terrain bien glissant, ça patine dans la montée, c'est dur car on dépense pas mal d'énergie, mais ça passe.

Sur le plat au-dessus, je me refais la cerise et relance pour me lancer dans la descente qui va nous mener à Conliège. Je me sens bien sur cette descente assez technique jonchée de racines et de cailloux, je suis dans les baskets d'un coureur qui descend bien, on remonte sur un coureur plus prudent, on le dépasse, puis on arrive sur le bitume, petit chemin ensuite avant de passer tout droit devant le premier ravito. Nous sommes au 6,5ème km, que je passe en un peu plus de 30 min. Un bon rythme, mieux que l'année dernière, je suis confiant.

La suite elle se passe sur 2km et 200m de D+, autant dire que ça va grimper, pour rejoindre l'Hermitage, un point de vue sympa, mais comme tout point de vue, il se mérite ! Ce dimanche, on ne verra pas grand chose vue la grisaille du jour, la pluie s'invite sur le parcours. Au-dessus, je croise les coureurs du 46km dont François Clairet un copain du Team Trail Jura, j'emboîte le pas, puis on part à travers bois et sous bois sur des singles très agréables comme j'aime, où tu peux bien relancer la machine car la côte elle laisse des traces.

Je ne suis pas arrivé à courir partout, j'ai alterné de la marche active et de la course pour ne pas perdre trop de temps, j'ai fait le yoyo avec les coureurs, mais je peste dans ma tête, car je me rends bien compte que c'est mon point faible et qu'il va falloir vraiment que je bosse cette partie là si je veux encore progresser et grappiller des minutes !

En sous bois, on y est pendant 3km environ, je dépasse un autre pote qui est sur le 46km (Yannick Michaud), je le salue au passage, puis sortie du bois, on est sur un chemin blanc, second ravito je passe de nouveau tout droit, j'ai prévu de m'arrêter qu'une fois à Baume-Les-Messieurs et faire le point à  ce moment là !

Au loin j'entends des encouragements, ouhaou je ne m'y attendais pas, mais mes parents sont là avec mon fils à la traversée de la route pour continuer sur ce même chemin blanc qui va nous emmener jusqu'au belvédère de Crançot. C'est génial, ça boost, merci, mon père m'annonce 27ème, je regarde la chrono, je suis à 1h de course. Il ne faut rien lâcher car je n'ai pas une grosse avance non plus par rapport à 2016, alors j'allonge un peu la foulée, je remonte pas mal de coureurs du 46km, j'en ai un ou deux du 34km en ligne de mire, puis on arrive au belvédère, pour ensuite plonger dans la descente verticale et glissante. Je dépasse un coureur qui fait preuve de vigilance, je connais plutôt bien, j'entre dans mon fief, ma reculée, je suis heureux car j'adore cette portion de course qui va nous faire passer devant la fameuse cascade des Tufs, puis longer la rivière avant de rejoindre l'abbaye où je ferai un point chronométrique et remplirai mes flasks.

Niveau gestion de course, je suis bien, je me sens bien, j'ai une légère avance par rapport à 2016, mais pas grand chose.

En même temps l'année dernière j'avais fait une bonne première partie de course et j'avais pris mon premier coup de bambou au-dessus des échelles de Sermu, alors j'y pense et me dis qu'il ne faut pas que ça se reproduise !!

Le long de la rivière, c'est très glissant aussi, les racines sont là, les cailloux aussi dans tous les sens, il faut enjamber tout ça à vive allure (merci les Salomon), je remonte de nouveau sur des coureurs du 46km dont un que je reconnais à force de le voir chaque année, je l'encourage au passage, puis je rejoins une petite portion de route, pour retrouver l'abbaye et entrer dans la 2ème cour là où se tient le ravito, nous sommes au 17ème km, en un peu plus d'1h29', soit presque 3min d'avance par rapport à l'année dernière, donc je suis serein pour remplir mes flasks et me ravitailler rapidement (Tucs et bananes, on ne change pas les bonnes habitudes) !!

Je repars motivé, je sais ce qui m'attends, une petite portion de route avant le gros mur des échelles de Sermu où mes parents et mon fils m'attendent tout au-dessus ! Il va falloir bien gérer cette montée. Cette année ils ont légèrement modifié l'accès, on passe par une première partie en montée sèche à travers champ, le photographe Bruno Lyet est là à nous attendre et immortaliser l'instant, avant de retrouver le parcours habituel au milieu des éboulis, des cailloux et des marches taillées dans la pierre.

 

 

Le début de l'ascension des échelles de Sermu et avec le smile s'il vous plaît !!
Le début de l'ascension des échelles de Sermu et avec le smile s'il vous plaît !!

Le début de l'ascension des échelles de Sermu et avec le smile s'il vous plaît !!

Je passe en mode marche active pour m'attaquer à ce mur (700m et 150m de D+), même si c'est raide, même si ça tire dans les mollets, je m'accroche, je trottine même par endroit pour ne pas perdre trop de temps, j'ai un ou 2 coureurs devant moi en vue qui en font de même !

Puis à l'approche du sommet, j'entends mes parents encourager les coureurs et m'encourager également car ils ont dû m'apercevoir à travers les arbres !! J'arrive au-dessus, j'y laisse quelques plumes quand même, mais le gros du D+ est fait à cet endroit, mais si il reste encore quelques petits coups de culs.

Ils sont bien là, je leur tape dans la main, c'est top et ça fait plaisir, ça me boost pour la suite.

Je me remémore l'année dernière où j'avais pris un coup de bambou à peu près à ce niveau, cette année, je suis bien, même si je sens les mollets se durcirent au fil des km, je sers un peu les dents, m'hydrate bien puis me dis que ça va passer.

On est dans le petit village de Sermu, sur la route, je vois sur le bord de la route une connaissance qui m'encourage, c'est sympa, merci, puis cap sur la droite sur un chemin en montée pour rejoindre un bois au bord de la falaise.

Les jambes sont raides, mais je force, je pense à tous mes entraînements, au coach, à la famille présente, aux copains qui suivent de près comme de loin, ce cumul génère des ondes positives pour avancer et relancer la machine sur ce chemin assez large en sous bois, j'ai un coureur en ligne de mire, mais la distance qui nous sépare se maintien.

En revanche, un coureur me reviens dessus, il semble plus frais, ça me permet d'allonger un peu la foulée et me mettre dans ses talons. On avancera comme ça avec une succession de petits faux plats montants, descendants en sous bois bien agréable, qui permettent de bien relancer.

On rejoint la route (c'était donc une variante par rapport à l'année dernière), on passe devant la grange Bedou, un coin que je connais bien pour y être déjà passé dans l'autre sens les années antérieures, puis on cap dans un petit sentier sur la droite.

Une succession de virage en single, j'ai 2 coureurs devant moi en ligne de mire, mais pas possible de revenir, ils s'enchaînent les virages, on est sur la même allure, ça permet juste de maintenir mon cap, nous sommes au 25ème km et les jambes ne répondent pas comme sur les 1ers km alors je maintiens mon cap.

Dans ma tête je fais vite mes calculs et me rends bien compte que les 3h vont être difficiles à aller chercher, malgré le fait que je n'ais pas perdu de temps si ce n'est des jambes un peu raides qui m'empêchent d'allonger encore plus la foulée comme je voudrais. On bascule en descente bien raide, il faut sauter les cailloux, un photographe est justement là pour immortaliser l'instant, puis la suite se fait sur un chemin descendant entre les buis bien sympa. J'allonge un peu la foulée mais les cuisses me rappellent vite à l'ordre !

La pluie fine a cessé et la suite se passe sur un chemin agricole, des bénévoles sont là pour nous encourager, c'est sympa, j'ai toujours 2 compères en vue, on attaque une pente raide avec un passage à 20%, je marche, je me fais remonter par un autre coureur...puis on bifurque en sous bois puis c'est de nouveau pentu, court mais très pentu pour rejoindre le ravito de Pannessières où je passerai tout droit.

Je me retrouve avec 2 coureurs sur une courte portion de bitume avant de traverser un champ en descente où il faut faire attention car il y a pas mal de trous où tu peux y laisser une cheville.

Je les suis, puis on retrouve la route, on est encouragé par un groupe de bénévoles et de spectateurs, ça fait plaisir, je ne lâche pas le morceau, je cours au maxi, j'essaye même d'augmenter un peu le rythme, ce n'est pas évident car ça commencer à tirer.

Dans ma tête je suis un poil déçu, car je vois bien que nous passons le 28ème km, j'en suis à 2h36' de course et qu'il reste encore un peu plus de 5km...ça sera donc dur à aller chercher les 3h...

Bref, on va limiter la déception, en donnant les dernières forces, on attaque la dernière bosse, courte, à travers champ, comme chaque année je la maudit celle-ci car en temps normal elle se court mais là vue l'énergie déjà dépensé, je vais alterner la marche rapide et la course (une fois de plus je pioche en montée et ça m'agace !!).

J'en profite pour relancer sur le dessus, un autre coureur me dépasse et m'encourage au passage (merci), tu prends encore une claque, mais c'est le jeu.

On sort du champ pour passer sur un chemin, le chemin du Moulard qui nous fait passer devant une petite chapelle, la chapelle St Michel avant de rejoindre un chemin en descente, puis légère descente où un coureur me dépasse comme une fusée, je ne sais pas si il est du 34km ou du 46km, mais il galope.

On retrouve ensuite une portion de route, on traverse le petit village de Chille, avant de rejoindre un champ que l'on traverse, je vois au loin quelques coureurs devant moi. Je pense que tout est mélangé car c'est l'arrivée commune aussi du 46km.

Je regarde la montre, je passe à la même distance que l'année dernière avec 5' d'avance, c'est ce qui va me réconforter, faute d'aller chercher les moins de 3h, j'aurai quand même améliorer mon allure sur une parcours plus long et avec plus de dénivelé.

Ensuite, on récupère un petit chemin bien gras, puis on longe le camping de la Marjorie avant de retrouver une portion de route pour faire les 2 derniers km, j'en suis à 2h53' de course, je n'en serai pas loin, mais les 3h m'échapperont c'est sûr, tant pis l'arrivée est proche, toute la famille m'attend, il faut relativiser, c'est le sport !

J'essaye donc de donner les dernières cartouches sur ces 2 derniers km, un coureur avec qui on a fait un bon bout de chemin, que j'avais doublé, me redouble, m'encourage, je ne cherche pas à l'accrocher car je n'ai pas envie de finir au sprint, je sais que les enfants m'attendent et je préfère faire mon arrivée avec eux ! A ce stade là, je ne suis plus à quelques secondes ni à une place, je me retourne, je m'assure que personne est à mes trousses quand même, puis je savoure ces derniers hectomètres, j'entends le public au loin, le speaker annoncer les arrivées des coureurs.

On passe par le puit salé, les bénévoles nous encouragent, le coureur en question est juste devant à quelques mètres, on se faufile dans les petites rues avant de rejoindre les arcades et faire le finish sur les pavés !

Je regarde au loin, je vois ma chérie, les parents, la famille, les enfants au bord des arcades à qui je fais signe de venir, je termine avec mes 2 grands (Louison est restée dans la poussette, elle sera de la partie l'année prochaine je pense !!) et mon fieul en savourant pleinement ce magnifique moment sous les applaudissements du public, je reconnais pleins de copains, c'est génial, c'est un moment magique, une vraie récompense de l'effort qui vaut toutes les performances et les analyses de course !

J'arrête le chrono après 3h05' de course, un peu plus de 33km et 1100m de dénivelé positif !

L'arrivée en famille sur les arcades
L'arrivée en famille sur les arcades
L'arrivée en famille sur les arcades
L'arrivée en famille sur les arcades

L'arrivée en famille sur les arcades

Je file ensuite vite remonter le parcours pour voir arriver ma petite sœur qui va en finir avec sa première course, son premier trail avec son associée Ingrid. Je retrouve Oliv qui en fini avec ses 12km, il a le genou qui grince le pauvre. Il finira tranquille et me rejoindra par la suite.

Après 20' d'attente, voilà les filles, je parcours donc les derniers hectomètres avec elles, en guise de clin d'œil car pour rappel ma sœur avait fait le dernier km avec moi lors de mon premier trail des reculées où j'avais fini complètement cuit !!

Je les félicitent, elles ont assuré les filles, l'objectif étant de courir et finir ensemble, elles l'ont fait, bravo !

L'arrivée des filles
L'arrivée des filles

L'arrivée des filles

La suite, place à la récup, je vais m'enfiler une pression et trinquer avec un pote sur place Henry De Pasqualin (qui fini 7ème sur le 46km), je retrouverai d'autres copains sur place puis place au traditionnel poulet au vin jaune et aux morilles en compagnie d'Oliv et Gérard les copains des foulées, un bon ravito qui redonne des forces !! Puis

Si je reviens sur ma course, à chaud la déception est là, car la prépa a été bien faite et j'échoue de peu à mon objectif de départ de passer sous la barre des 3h, j'avais sûrement été un peu ambitieux ! 

Les regrets sont moindre car j'ai donné tout ce que je pouvais pour bien faire, j'ai été frustré de ne pas pouvoir grimper plus vite dans les bosses (ça reste mon point faible à travailler), mais je retiendrai les points positifs qui sont une meilleure allure que l'année dernière, une meilleure gestion de course et des supers moments de sport/famille partagés !

Une fois de plus, un grand merci aux bénévoles de l'ALL Jura Trail, tout était parfait, un énorme merci aussi à ma famille présente sur le long du parcours et  à l'arrivée, ça fait toujours aussi chaud au cœur de vous voir et de vous avoir, avec une dédicace toujours aussi particulière à ma chérie qui assure pour me permettre d'exercer cette passion !

Un grand merci aussi à toutes les personnes qui m'envoient leurs bonnes ondes avant, pendant et après la course, ainsi qu'à mon coach Yo Stuck qui grâce à lui je progresse avec toujours autant de plaisir.

Maintenant place à de nouvelles aventures, un stage de trail dans le 42 en mai, un défit personnel en Juin et mon premier Ultra à dépasser les 3 chiffres sur 2 jours dans mon Jura mi-juillet sur l'UTTJ !

En tout cas, le rendez-vous du trail des reculées 2018 est fixé et coché dans l'agenda, ça sera le week-end du 7 & 8 avril !

 

Publié dans Courses 2017

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