Nuit des Cabornes 2015

Publié le par Greg Chamberland

Formats et profil de la course du 25km !!
Formats et profil de la course du 25km !!

Formats et profil de la course du 25km !!

Le 4 septembre a eu lieu la Nuit des Cabornes, une chouette balade nocturne dans les monts d'or.

Deux formats s'offrent à nous, une boucle de 50km avec 2500m de D+ et une boucle de 25km avec 1200m de D+ (1300m en réalité), avec les 16 premiers kilomètres en commun au départ du village de St Romain au mont d'or. Qui dit nuit dit frontale, idéal pour s'entraîner pour l'objectif de fin d'année qui est la grande dame du trail, la SaintéLyon!

Mon objectif de cette course était de faire mieux qu'en 2013 et tester si mon travail hebdomadaire où je m'impose des bonnes charges d'entraînement portera ses fruits!

Pour ce rdv, j'ai réussi à convaincre quelques membres des foulées de Beauregard à venir prendre le départ, une occasion de plus de se retrouver avec les copains et passer un bon moment de partage.

On se donne donc rdv sur place avec Gilles, Olivier et Steph autour des 19h15 pour récupérer notre dossard et se préparer ensemble au départ.

Finalement je suis arrivé à 19h45 pour causes de travaux, déviation, bouchons etc...donc un peu à la bourre, le speed total. Une récupération express du dossard, je commence à croiser les copains, je vois quelques têtes connues, je ne tarde pas trop, car je dois encore remonter à la voiture pour finir de m'équiper et redescendre mon sac dans la salle pour la douche de fin de course! Je fais même la rencontre surprise d'un membre du TTJ que je ne connaissais pas qui vit sur Villeurbanne et remonte 1 fois par mois dans le Jura du côté de Dole. On discute, il vise moins de 3h, il semble avoir la caisse!!

Je remonte vite au parking, fini de m'équiper, redescend le sac et me voilà enfin prêt, il est 20h15, je retrouve les copains, on file s'échauffer et on fait le selfie du départ!

Je décide ensuite d'aller me placer car nous sommes un peu plus de 700 au départ (629 sur le 25km et 76 sur le 50km), donc ça fait du monde. Je me place relativement devant, puis l'heure défile, je discute avec Jean-Paul Bolle (V1), une connaissance du Team Terre de Running qui vise un bon chrono, qui revient des championnats du monde de vétérans sur marathon qui se sont déroulés à Lyon récemment. Quelques photos sont prises avec les prétendants à la victoire, notamment un jeune espoir qui porte le dossard N°1 (je me dis, tiens une tête inconnue qui semble viser un bon chrono, tout le monde lui demande de faire la photo) puis on passe les 20h30...et on nous annonce qu'il y a encore 50 personnes qui doivent récupérer leur dossard, donc que le départ sera décalé de 10min...on patiente, on s'est souhaité bonne course avec les copains, ils se mettent à peine en retrait, on échange avec les coureurs, on allume les frontales, les photographes sont devant, ça flash dans tous les sens, puis le départ est donné.

Au départ : concentré le gars !!!
Au départ : concentré le gars !!!

Au départ : concentré le gars !!!

On part en montée donc vite mais pas trop pour ne pas se cramer, on prend nos places rapidement pour prendre un bon départ. Je suis juste derrière Jean-Paul, je suis même côte à côte pendant quelques hectomètres c'est agréable, devant c'est parti fort, Cédric Fleureton (le précédent vainqueur) semble imposer un bon rythme.

On est sur la route pendant 300-400m, on a les encouragements du public présent, c'est sympa, puis on quitte rapidement la route, ouf (trail 94% de chemins) pour emprunter un chemin blanc assez large, toujours en montée qui ne fait que grimper, on prend un virage à 180°, puis on continue de monter, je regarde la montre, je suis bien, sur une bonne allure, je ne veux pas trop m'essouffler non plus car la route est longue et surtout technique et vallonnée !!

Je double, on me double, chacun prend sa place, puis le chemin se rétrécit toujours en montée, on commence à rencontrer les premières difficultés avec pas mal de racines, pierres où il faut faire preuve de vigilance car je rappelle qu'on est de nuit donc attention aux appuis!

On court tous et on arrive au dessus de la première bosse après 250m de positif et 3,5km un spectateur annonce le classement, je passe en 62ème position, je suis content, je vise le top 100, je regarde la montre, je suis dans mon timing, ça motive, mais attention la route est longue encore!

Je descends plutôt bien, grappille 2-3 places, évite les racines, les grosses pierres, slalome entre les arbres, bref je prends du plaisir à descendre pendant 1,4km avec un petit coup de cul au milieu, puis on attaque une grosse partie de la course, une bosse de 2,6km et de 300m de D+ en deux parties, je cours au maximum et alterne par moment avec de la marche active en essayant de conserver au maximum ma place. Je prends beaucoup de plaisir, on passe au travers des petites cabrons, on a droit à des petits groupes de musique très agréables et quelques lampions qui mettent en valeur ces petites cabanes de bergers! Je me sente super bien, je reconnais certaines portions pour les avoir déjà faites en entraînement ou en course lors des Cabornis de jour. On attaque la deuxième moitié de la bosse, qui consiste à monter en direction du Mont Thou, où l'ambiance et la vue est magnifique, je connais bien cet endroit, je cours dans la côte, je rattrape quelques coureurs, puis j'arrive au dessus sans difficulté, il y a une bonne ambiance, ça fait chaud au coeur.

Petite explication sur le Mont Thou :

Au sommet se trouve une grosse boule. Il s'agit d'un volumineux radar « Palmier » construit en 1970 (100 m2 de surface, 15 tonnes, six tours par minute)3. Opérant 24h/24, ce radar tridimensionnel permet de connaître l’altitude, la distance et le gisement (l’angle) des avions surveillés, dans un rayon de 400 km. Cette installation est rattachée à la base de contrôle aérien de l'armée de l'air (Base aérienne 942 Lyon-Mont Verdun).

Le sommet offre une vue panoramique sur l'agglomération lyonnaise, la plaine du Rhône ainsi que le massif alpin. Une table d'orientation est également à disposition.

Au sommet du Mont Thou, point culminant de la course : 592m d'altitude.

Au sommet du Mont Thou, point culminant de la course : 592m d'altitude.

Puis on redescend, on rentre dans un sous bois en descente que je connais bien, j'enchaîne vite et bien, j'arrive au tiers de la course en 56min, je suis satisfait car on a fait un peu plus du tiers du dénivelé et je me dis que sur ce rythme j'arriverai avec 12min d'avance sur mon chrono initial que j'avais espéré au départ...sauf qu'il reste quand même un presque 17km et 750m de D+ donc cette avance je me dis c'est toujours ça de prit. Je me sente bien, je gère ma course en essayant de ne pas m'emballer non plus pour ne pas le payer cash sur la fin!

La suite, les 7,5 prochains km se feront avec une alternance de petites descentes et quelques jolis coups de cul comme on dit ou casses pattes, où je vais jouer au chat et à la souris avec quelques coureurs. Je vais aussi avoir la surprise de rattraper et doubler le jeune espoir du départ au dossard N°1...assez surpris, soit je suis vraiment en forme soit il n'est pas au top, bref je ne réfléchit pas vraiment, je reste concentré. On continue de passer au travers de quelques petites cabornes, on fait attention au sol qui est jonché de belles pierres dans tous les sens par endroit ainsi que des racines bien piégeuses! Mes baskets tapent de temps en temps sur le cailloux, mais je gère bien les descentes et les montées je cours au maximum sans me mettre dans le rouge, juste histoire de garder le rythme et maintenir un classement correct.

J'arrive au ravito du 12ème km, bref arrêt, on me remplie gentiment ma gourde, je prends au passage 2 morceaux de banane et 3 tucs, puis repart aussitôt, pas de temps à perdre. Même pas le temps d'écouter ou profiter du petit orchestre qui était présent pour nous accueillir, juste le temps de remercier les organisateurs et repartir, soit moins d'une minute je pense!!

Je ressors seul du ravito, je mange mes tucs en courant, je m'hydrate, je suis à mi-parcours cette fois-ci et je suis toujours sur un bon rythme, un meilleur rythme encore que tout à l'heure, je passe en 1h45min le 16,7ème km et plus des 3/4 du dénivelé de fait, je n'en reviens pas trop...limite je me demande à quand le coup de bambou!!!

Je n'y pense pas trop, je profite, car on a sur ces alternances de descentes et de montées quelques vues sympas sur Lyon, sur les cabrons toujours, c'est calme et apaisant.

Je reconnais également des lieux que je fréquente en entraînement, mais en sens inverse, je vois donc on je me situe et ça me permet de gérer l'effort. Un seul bémol, ma frontale qui commence à flancher, je le redoutais et heureusement j'ai des piles de rechange (obligatoire dans le réglement), ça me handicap et me freine car je n'arrive pas à anticiper tous mes pas, j'essaye de suivre certains coureurs qui ont des frontales plus puissante, je perds donc 2-3 places.

Je décide d'ouvrir mon porte gourde en courant pour sortir mes piles, pas évident car qui dit changer les piles dit être dans le noir...je passe vers des spectateurs qui nous encourage, ils doivent halluciner, j'ai la frontale éteinte et essaye de changer mes piles tant bien que mal. Je galère un peu et finalement j'arrive à changer une pile...je gagne quelques lumens mais ce n'est pas top encore. Je sais que j'ai un ravito au 19ème km, je les changerai la bas.

Je me lance donc dans la grande descente en sous bois avec la plus grande prudence, un peu en stress, les coureurs qui me suivent doivent halluciner car je n'y vois plus grand chose, je me concentre sur chaque pas, pour arriver enfin au ravito. Je suis au 19ème km, en 2h, je suis toujours dans mon timing, je m'accorde donc la pause indispensable pour changer mes piles. Un organisateur très sympa me propose de les changer pendant que je me ravitaille, un bel état d'esprit, je le remercie beaucoup puis repars assez rapidement, ça y est j'y vois enfin quelque chose, j'ai perdu 3-4min mais c'était indispensable. Ce monsieur m'encourage et me dit "allez il faut qu'elles tiennent encore 6km" !!! :-)

Ravito du 19ème et changement des piles !!

Ravito du 19ème et changement des piles !!

Je repars donc motivé à bloc, il reste 6km je suis toujours en forme et il me reste 1h pour être dans mon timing, ça va le faire largement, je vais même aller chercher mieux!!

La dernière grosse bosse se décompose en 2 parties :

Une première en sous bois illuminée de lampions au bord du chemin, je trottine, je double un ou deux coureurs qui commencent à peiner, je ne veux pas perdre de temps. J'alternerai le trot et la marche active, sur 2,2km et 130m de D+, ça passe bien, j'y vois bien clair c'est cool je profite de nouveau de la course, le terrain n'est pas trop cassant. Puis la surprise du chef, une série de plusieurs marches (je ne les ai pas compté, je les connais car je les ai déjà faite dans les 2 sens en entraînement ou en course, mais il doit y en avoir entre 80 et 100 je dirais, cela représente 460m et 57m de D+), honnorées de lampions.

Je décide de garder de l'énergie, car en regardant la montre je vois qu'il reste encore pas loin de 200m de dénivelé à faire et un peu moins de 5km ce n'est pas rien!

Je monte tranquille, on est en file indienne avec les coureurs, j'appui sur mes cuisses, ça chauffe dans les mollets et les cuisses, je sente que tout le monde accuse le coup, puis au dessus je relance aussitôt, pour dégourdir tout ça! Il s'en suit une descente raide de 400m, où il faut faire preuve de vigilance car la fatigue est là malgré tout même si je ne la ressent pas directement.

A ce moment là, la 2ème surprise du chef nous attend, une pente bien raide sur un chemin étroit à travers bois, 500m et 100m de D+, ça fait mal au moral, j'entends quelques coureurs se plaindre de la difficulté de ce passage, je reste dans ma bulle, on grimpe en file indienne, je remonte la file en mode marche active, j'arrive même à dépasser 4 coureurs au total.

Au dessus, je m'hydrate bien, puis c'est un faut plat légèrement descendant sur 400m, avant une petite descente bien technique d'un peu moins d'un km, où j'arrive à doubler prudemment un ou 2 coureurs qui commencent à peiner, je regarde le chrono et me dit c'est sûr je serai en dessous des 3h, maintenant je vais aller chercher le meilleur temps sans rien lâcher jusqu'au bout.

J'arrive en bas de la descente en 2h36min et il reste environ 2km, un dernier petit casse patte de 400m et 35m de D+...ouf les derniers avant d'attaquer la dernière descente...et quelle descente!!

Cette dernière d'un peu plus d'un km est très cassante, pour le début dans un goulet où on ne sait pas trop où poser les pieds et pour la seconde partie où l'on doit faire face à de nombreuses pierres dans tous les sens, de toutes les tailles et de toutes les formes, très technique pour un finish quand on a déjà parcouru 24km et que l'attention n'est plus aussi présente qu'au début..et bien il faut se forcer à encore à 100% dans la tête car sinon on le paye cash. J'arrive à doubler quelques coureurs, j'en ai un ou deux aux fesses aussi, ça met la pression, puis on rejoint enfin le bitume où certains coureurs donnent tout, d'autres sont un peu cuit, je me trouve au milieu je dirais, avec des mollets qui se durcissent sur les derniers 500m. On termine les derniers hectomètres sur la partie goudronnée, on passe par une petite ruelle, puis virage à droite, les spectateurs(triches) sont là, j'entends le speaker, virage à gauche, un oeil sur le chrono qui défile et dernier coup de rein pour franchir la ligne en 2h48min !!!

Enorme satisfaction personnelle, 49min de gagné par rapport à 2013 (même profil et même distance) avec une belle 70ème place, l'objectif a été atteint!!!

Je me dirige au ravito de l'arrivée, j'échange avec quelques connaissances, on refait la course et je vois mon Gilles franchir la ligne en 2h55min alors qu'il ne savait pas au départ quel temps il allait mettre...bravo, je savais que tu allais faire quelque chose de bien!! Je fais connaissance avec d'autres coureurs notament Alexis Boyer avec qui on échange sur les réseaux sociaux sans jamais s'être encore vu et David Carry, une personne qui m'a contacté via mon blog pour connaître l'astuce pour obtenir un drapeau Made in Jura, c'est chouette, ça fait plaisir de se retrouver, d'échanger sans même se connaître avant, puis je file à la douche.

Pendant ce temps arriveront Olivier en 3h16min (mieux de 20 bonnes minutes par rapport à l'année dernière) et Steph en 3h18min lui qui visait 3h30min pour une première je dis bravo à vous aussi les gars. On fini tous très satisfait de la course, on passe un moment sympathique au repas, on assiste à la remise des prix, puis retour à la maison pour faire une bonne nuit...pour moi qui sera courte car je suis de déménagement...donc couché 1h40 et debout 8h...ce n'est pas grave c'est pour rendre service, donc je dormirai mieux la nuit suivante !!

En résumer, je peux conclure en disant que je récolte avec surprise quand même les fruits de mon année passée aux foulées de Beauregard associée à mes charges d'entraînement régulières et structurées.

Je suis très satisfait et souhaite remercier notre coach Oliv Tritz qui nous en fait baver la semaine, ainsi que les organisateurs de ce bel évènement dans un cadre magnifique et enfin ma petite famille qui de part leur compréhension annuelle me permet de m'entraîner correctement toute l'année afin de pouvoir réaliser à fond ma passion.

La prochaine course, elle se déroulera dans le sud de la France, en vélo, sur les "Bosses du 13", un parcours de 94km et 1426m de D+ avec 6 cols à franchir au dessus des calanques, en compagnie de 2 membres de la direction de ma société avec comme principales difficultés :

  • Col de la Gineste (par Marseille) 327m
  • Pas de Belle Fille 207m
  • Montée du Grand Caunet 400m
  • Col de l'Ange (par Cuges) 220m
  • Montée des Bastides 330m
  • Col de la Gineste (par Cassis) 327m

Nous en profiterons évidemment pour associer à cette course du dimanche matin, un week-end en famille en bord de mer !!

Profil du 94km des Bosses du 13.

Profil du 94km des Bosses du 13.

Publié dans Courses 2015

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