Transju'Trail

Publié le par Greg Chamberland

Présentation Transju'Trail : le profil parle de lui même !!

Présentation Transju'Trail : le profil parle de lui même !!

Transju'Trail

L'objectif de l'année est arrivé : la Transju'Trail, une course mythique, épreuve phare du week-end, qui emprunte le tracé de la Transjurassienne (épreuve très connue et réputée de ski de fond de 76km) en sens inverse, raliant Mouthe (Haut-Doubs) aux Rousses (Haut-Jura).



Au programme: des panoramas imprenables sur Les Monts du Jura, le lac Léman, le canton de Genève, le massif du Mont-Blanc, mais aussi des passages inoubliables comme l’ascension du tremplin de saut à ski de Chaux-Neuve ou le sommet de la Dôle.

Il y en avait pour tous les goûts, petits et grands (23km, 36km et 72km, sans oublier la transju'verticale du samedi ainsi que les courses des marmots).

Pour ma part ça sera le 72km et ses 3200m de D+, un beau chantier!!

Départ le vendredi soir, direction le Jura chez mes parents, un samedi plutôt cool en famille, avant de se diriger en fin d'après-midi en direction de Morez, lieu du retrait des dossards!!

Mon père se propose gentiment de m'y emmener (45min de route), puis sur place on y retrouve quelques connaissances et copains, tel que Lolo (Laurent Plaut) qui vient d'en finir avec la Transju'verticale...bravo à lui et une partie des adhérents à la runnosphère dont je fais partie maintenant depuis peu.

Cette association de bloggers, qui nous permet d'échanger sur notre passion commune, se retrouver et tester du matériel (en ce moment c'est la Suunto Ambit 3 run). On discute, on fait les présentations, puis direction retrait du dossard, ça sera le numéro 300 avec retrait du lot par la même occasion (une jolie ceinture porte bidons que je n'avais pas encore, chouette!!).

Puis on assite à la remise des prix de la transju'verticale et enfin je file récupérer mon maillot du Team Trail Jura, tout nouveau le 2015 de chez WAA sur le stand Gavand Sport (Running conseil).

On reprend la route direction St Laurent en Grandvaux, chez mon oncle et ma tante qui habitent à 10min de Morez et qui sont tous contents de m'accueillir pour l'occasion.

Mon père reprendra la route et pour ma part, je passerai la soirée et la nuit (courte nuit) chez eux car c'est mon oncle qui s'est proposé de me monter au départ le lendemain matin...plutôt sympa tonton, car le réveil il va piquer!!!

Au menu comme d'hab, une bonne pasta party de pâtes bolo. Puis je file dans ma chambre préparer mes affaires et regarder la 2ème mi-temps de la finale de la champions league, pour m'endormir vers 23h.

Le réveil sonne, il est 3h du mat', je file sous la douche, puis au petit dej'. Mon oncle est prêt également, au top, on prendra la route vers 4h10 pour arriver sur placer à 4h45, 45min avant le départ, nikel.

Sur place à Mouthe, je retrouve Lolo et son collègue avec qui il va faire une partie du chemin, on fait connaissance, mon oncle reprend la route, je le remercie beaucoup car c'est vraiment sympa d'avoir fait ça pour moi. Je m'enfile un petit café, on croise et on salue Sangé Sherpa (qui finira 3ème de l'épreuve et qui était une semaine avant aux championnats du monde où il a fini 33ème, respect!! Un mec vraiment bien, toujours souriant et sans prise de tête, qui oeuvre beaucoup pour son pays d'origine, le Népal).

On sort dehors, le jour se lève, le départ est donné dans 10min, ça y est ça se précise. La température est très bonne, 13 degrés environ et le ciel semble dégagé.

On entre dans le SAS, on passe devant la gentille dame qui nous demande si on est bien en règle et si on a bien tout ce qui a été demandé dans le réglement sur soi, c'est le cas, je passe et me positionne au milieu du peloton. Je fais connaissance avec 2 autres membres du Team Trail Jura, dont Cédric avec qui j'avais discuté les jours précédents sur les réseaux sociaux qui la déjà faite à plusieurs reprises et vise moins de 10h.

Pour ma part niveau chrono, j'avais en tête un 10h ou 10h30, mais ce n'est jamais évident car la route est longue et ça peu vraiment varier pour différentes raisons (le temps, les coups de moins bien, les ravitos, le monde, bref on verra bien, le but sur ces types de course c'est surtout d'être finisher sans blessure!!).

On se souhaite bonne course, puis le décompte est donné et les fauves sont lancés.

Concentration ultime !!!

Concentration ultime !!!

Le départ à Mouthe

Le départ à Mouthe

Le départ est donné sur la route, sur un faux plat montant, on part cool, sur des bases de 10-11km/h car la route est longue et il paraît qu'il faut se préserver jusqu'à Morez, ravito, 35ème km car seulement après les difficultés commencent!!

Puis après quelques hectomètres on quitte la route pour s'enfiler dans un chemin descendant, le peloton s'étire, tout le monde trouve son rythme. Puis on attaque les premières bosses, je trottine, puis me mets en mode rando course, il faut s'économiser donc faisons-le!!

Puis dès que la partie roulante revient, je me remets à courir, c'est agréable nous sommes au milieu des bois, ça court bien car nous ne sommes pas très nombreux (365 au départ), c'est fluide, puis on se retrouve au milieu d'un champ à découvert, c'est super sympa.

Je sais qu'on approche d'ici peu le tremplin de Chaux-Neuve, le fameux, celui qui m'a séduit aussi de prendre le départ de cette course.

Je fais juste une parenthèse :

- Le site était naturellement propice au saut avec sa pente déjà profilée, ombragée, gardant bien la neige. Mais la gestation du stade fut longue : en 1965, la commune de Chaux Neuve projetait déjà d’installer un tremplin olympique à cet endroit. De gros travaux avaient été réalisés, un profil esquissé... jusqu’à un coup d’arrêt brutal : “ce tremplin commencé très rapidement grâce à une subvention de départ de la direction de Jeunesse et Sports a vu sa construction stoppée par de grandes difficultés de terrassement et par suite de dépenses supplémentaires trop élevées que la commune de Chaux Neuve ne peut assumer”.

- 14 ans plus tard, le dossier est relancé et en quinze ans, cette épreuve est devenue le rendez-vous incontournable de la coupe du monde de combiné nordique. Elle est appréciée par de nombreux athlètes pami lesquels Felix Gottwald, Mario Stecher ou Jason Lamy-Chappuis qui considère l'épreuve comme l'Alpe d'Huez du combiné[5]. Tout commence en 1989 avec la construction d'un tremplin de 90 m. Sept ans plus tard il est organisé pour la première fois une manche de la coupe du monde de combiné nordique qui rend hommage aux enfants du pays : Fabrice Guy et Sylvain Guillaume. Quatre éditions ont été organisées en collaboration avec les suisses lorsque les manches se déroulaient encore sur un week-end : le saut avait lieu à Chaux-Neuve le samedi et la course de fond dans le Brassus (Canton de Vaud) le dimanche.

Et pour tout vous dire, ce Tremplin a été construit sur des terres de mes grands-parents maternels, c'est là où j'ai appris à skier (il y a 2 pistes de ski alpin) ainsi qu'à faire du ski fond plus jeune. J'ai plein de souvenirs d'enfance dans ce village car mes grands-parents avaient aussi une maison dans laquelle nous nous retrouvions en famille régulièrement.

De ce fait, chaque année nous pouvons donc assister aux championnats du monde de combiné nordique avec l'accès aux places VIP, au pied du tremplin et avoir à l'idée de le grimper m'a beaucoup plu!

Le tremplin de Chaux-Neuve

Le tremplin de Chaux-Neuve

On approche du saut, on passe à travers champ, au pied des pistes de descente, quelques spectateurs (trices) sont là pour nous encourager!

On attaque la montée le long du tremplin, par une succession de marches d'escaliers à la queue leu leu !! On avance tranquillement, je m'étais donné 40min pour arriver au dessus, j'y parviendrai en 45min, plutôt satisfait. On vient de faire 6km et 230m de D+ environ.

Au dessus la vue est imprenable, c'est magnifique, on traverse le tremplin perpendiculairement puis on récupère une portie de chemin pour rejoindre les dernières marches qui nous mèneront tout au dessus...On se dit que les mecs quand ils se lancent sur la rampe de lancement, ils ont des sacrées baloches car c'est impressionnant vue de la haut !!

On repart en sous bois, on continuera à grimper comme ça jusqu'au la Sauge, lieu-dit à presque 1200m d'altitude, je suis en mode rando course tout en alternant le plus possible avec la course à pied histoire de ne pas se mettre dans le rouge mais d'avance quand même!

Puis ensuite ça sera de la descente sur chemin pierreux où il faut faire preuve de vigileance, car elles sont glissantes et nombreuses. Même avec la plus grande prudence, j'ai ma cheville gauche (la mauvaise évidemment) qui se tort et qui comme d'hab revient dans sa position comme si de rien n'était...ouille, on sert un coup les dents et ça repart!!

On passe à travers champs au milieu des chevaux, c'est super sympa, on alterne descentes et petits coup de cul, pour rejoindre ensuite un chemin blanc qui nous dirigera directement sur le ravito N°1 au Chalet des Anges de Chapelle-des-bois, nous sommes au 17ème km, en 1h51min, j'ai perdu 8 places depuis Chaux-Neuve, pas d'affolement car je ne le sais pas !!!

Je prends le temps de bien me ravitailler, faire le plein du camel, puis repars avec mes tucs et mes morceaux de banane à travers champ, avant d'attaquer un autre joli morceau, court mais intense, la montée du col de Roche Champion environ 200m de D+ sur un peu moins de 2km.

Je passe en mode rando course avec mes bâtons que j'ai sorti depuis quelques km déjà et qui vont bien me rendre service!

On grimpe en file indienne, personne ne se double, c'est bien raide mais ça ne me déplaît pas cet effort, les jambes sont bonnes.

Montée de Roche Champion

Montée de Roche Champion

L'ascension c'est bien passée, place à la descente en sous bois c'est super sympa, les paysages sont superbes et la température est toujours bonne!

La descente est bien raide par endroit aussi, il faut faire attention aux racines et aux pierres glissantes, je vois d'ailleurs devant moi un coureur que je dépasse à chaque fois à la montée et qui me repasse à la descente depuis un petit moment sauf que là, la cheville vient de vriller un bon coup juste devant moi....ouille, je ralentit et lui demande si ça va...il sert un bon coup les dents, il semble être dans le dur mais me répond que ça à l'air d'aller!!

Je continue ma route, pas au rythme que je voudrais mais plutôt avec prudence! On arrivera comme ceci à Bellefontaine (lieu où j'ai beaucoup fait de ski étant plus jeune) par un petit chemin qui longe une rivière, où je fais connaissance avec un coureur bien sympa qui en est à sa première aussi. On arrive sur un point d'eau où je prends le temps de me ravitailler et remplir ma petite gourde complémentaire, quelques tucs et je rpars aussi sec. Nous sommes en montée sur le bitume sur quelques hectomètres, je marche et m'alimente en même temps, puis on passe à travers champs (un chemin nous est frayé) au mileiu des hautes herbes sur un single montant où je me remets à trottiner histoire de ne pas quitter les yeux le chrono et le timing des 4h10min à Morez...

On arrive au dessus pour presque aussitôt remonter un peu, avant d'attaquer la franche descente jusqu'au ravito de Morbier puis surtout le gros ravito de Morez, point de départ des grosses difficultés de la course.

Je descend prudemment toujours, je reconnais le paysages, je reconnais la ville de Morbier en dessous, dans le vide, nous sommes sur un petit single étroit et pierreux, puis je retrouve Cédric du départ (Team Trail Jura avec moi) qui semble être en galère...je lui demande si ça va et visiblement non, il a le dos bloqué il descend en marchant jusqu'à Morbier là où il abandonnera...Sage décision même si c'est dur.

J'arrive à Morbier en même temps que la 8ème féminine (qui finira 6ème et 2ème V1), je choppe un morceau de morbier quand même, nous sommes dans la capitale du morbier alors pourquoi s'en priver. Je repars par la route, pour rejoindre quelques km plus loin Morez...les jambes commencent à fatiguer et le soleilà taper, ouille ouille ouille, pas bon pour la suite, il va falloir gérer. J'étais censé arriver ici "frais"...en même temps comment arriver frais au 35ème km avec 1266m de D+, le tout en 4h15 (au lieu des 4h10min espéré). Je pense m'être économisé mais sans plus car il faut quand même bien avancer. Je suis quand même satisfait, je retrouve mon oncle qui est venu me voir (merci tonton), puis "Maya" de la runnosphère qui en profite pour me prendre en photo afin d'immortaliser les instants et qui m'aide gentiment à compléter ma poche à eau (Merci Maya). Je me ravitaille sans perdre trop de temps, je file voir mon oncle quelques minutes pour échanger sur mes sensations, il me trouve frais d'extérieur, mais en réalité je commence à sentir la fatigue! J'en profite pour prendre des nouvelles de Lolo qui doit être pas très loin derrière, maya me confirme que d'après le suivi live il est pas loin.

Je ne m'affole pas, je file m'hydrater encore un peu avant de repartir, je me mouille la figure et la tête car il fait chaud, puis repars en courant motivé à bloc, car maintenant on va s'attaquer au vrai chantier!!! Visiblement j'ai reperdu 19 places...pas d'affolement je ne le sait toujours pas!!!

Je salue Maya et mon oncle au passage pour me diriger droit dans le pentu, on quitte la route pour récupérer un chemin bien abîmé par des engins de débardage, puis de nouveau la route sur quelques mètres où je croise quelques spéctateurs qui m'encouragent et me rappelle bien qu'il faut boire...merci merci, je ne risquais pas d'oublier!! Puis un chemin un peu plus roulant en plein soleil sur quelques hectomètres qui va vite se terminer à l'ombre, ouf!!. Je passe en mode rando/bâtons, je mange mes tucs puis prends de l'altitude. En effet ça grimpe, direction la Roche Fendue, on a prit 300m de D+ sur 2,5km...mais j'aime ça grimper moi donc ça ne me dérange pas, je suis confiant.

Puis arrivé au dessus c'est la délivrance...ouf, on surplombe la ville de Morez, c'est impressionnant ce qu'on vient de prendre comme hauteur, je reprends la course à pied pour ne pas perdre trop de temps, déjà là je me dis que l'objectif des 10h30min maxi va être chaud à tenir...donc j'avance tout en restant prudent car le terrain n'est pas lisse!!! On arrive au 41ème km, face à un mur, une belle bosse de 1km pour 100m de D+, les Repentys mais pas de panique, je repasse en mode rando active, il fait chaud mais c'est supportable, les paysages sont tellement beaux qu'on en oubli les douleurs...

Ravito de Morez + la montée vers la Roche Fendue tout de suite après le ravito de Morez.
Ravito de Morez + la montée vers la Roche Fendue tout de suite après le ravito de Morez.
Ravito de Morez + la montée vers la Roche Fendue tout de suite après le ravito de Morez.
Ravito de Morez + la montée vers la Roche Fendue tout de suite après le ravito de Morez.
Ravito de Morez + la montée vers la Roche Fendue tout de suite après le ravito de Morez.

Ravito de Morez + la montée vers la Roche Fendue tout de suite après le ravito de Morez.

En parlant de douleur, les crampes commencent à faire leurs apparritions dans la descente qui suit...juste quelques petites contractions histoire de te rappeler à l'ordre qu'il faut bien boire et gérer l'effort!! On descend sur 1,5km et 150 de D-.

On continue les hostilités en montée direction Prémanon, lieu où l'on retrouvera un ravito digne de ce nom.

Je discute avec quelques coureurs ça passe plutôt bien, puis sur un chemin on croise une jeune fille en sens inverse qui nous annonce Prémanon dans 50min et nous encourage par la même occasion!! Je la retrouverai plus tard, avec son chéri, elle remontait le parcours à sa rencontre car il était visiblement en baisse de moral. Il était juste quelques places derrière moi, au dessus d'une légère bosse je m'arrête car j'ai la cuisse qui crampe un bon coup, aie je douille, je m'étire, 2-3 coureurs me dépassent, puis je repars vite, elle est passée, je suis en légère descente, je les rejoins pour ensuite s'attaquer à une belle bosse qui va nous emmener jusqu'à Prémanon (1,5km et 250m de D+), à travers bois j'ai recolé avec le couple et les 2 coureurs qui m'avaient dépassé, je m'accorche, au-dessus on nous encourage car il y a encore une belle portion montante à travers champ qui nous attend et en plein soleil.

Au pied du champ un point d'eau naturelle (une source pour les vaches) où tout le monde se réfugie pour se rafraîchri, ça fait du bien!! Je repars requinqué, ça va mieux, je dépasse dans la montée les 2 coureurs précédents et le couple pour arriver à Prémanon, content mais en me disant que les jambes commencent à s'alourdir et il reste encore 25km...aie aie aie !!!

Pas de panqiue, je prends le temps qu'il faut au ravito, je fais le plein puis essaye de ne pas traîner, l'heure tourne. J'en profite pour lire mes textos (merci famille/amis), ça boost, j'en envoi à la famille pour les tenir informé en live car ils viennent m'attendre à l'arrivée. Je suis au 47,6ème km, 2172m de D+ en 7h04min et j'ai gagné 8 places depuis Morez (Merci Ju et Faf pour m'avoir tenu informé par textos, de ce gain de places, ça reboost). Je repars à travers bois sur un single étroit, l'orage menace, au ravito on nous annonce que ça va être pour nous et ça n'a pas loupé après un petit km dans le bois, je commence à sentir des gouttes...et boume, éclaires, orage, grosses gouttes, c'est le déluge. Pas de panique, ça fait du bien au contraire, ça glisse juste un peu, donc je cours avec prudence.

Puis quelques hectomètres plus loin, un petit attroupement au bord du chemin, c'est un coureur qui a lourdement chuté, il s'est ouvert l'arcade, on s'arrête pour lui porter secours, il a de quoi se soigner, je lui suggère de se servir de sa compresse pour faire une pansement compressif, associé à du sparadrap que j'ai dans mon sac, il me dit que ça ne tiendra pas, il pleut des cordes, il opte quand même pour la compresse et en guise de compression un sympathique coureur qui s'est arrêté en même temps que moi lui donne son buff qu'il enroule pour le fixer comme un bandeau.

On demande au monsieur si ça va, visiblement oui, sinon nous aurions prévenu les secours, il est sonné mais il peut marcher et souhaite repartir tout seul en nous remerciant bien (il blague, c'est normal). On lui recommande donc de regagner le ravito de Prémanon à 2km pour rejoindre les secours.

A ce moment là, Lolo arrive en embuscade, me demandant ce qu'il se passait, content de me retrouver là car on en est au 50ème environ et on ne s'était pas revu depuis le départ.

On décide donc de repartir ensemble, ça fait plaisir et ça reboost. Lolo est sous sa veste à capuche et moi j'ai la flemme de m'arrêter enfiler ma veste, donc je reste comme ça en me disant que ça pourra me faire du bien cette pluie !!

On court sur un rythme correct, Lolo semble se sentir plutôt bien, ça me motive car j'avais un petit coup de mou.

On continue en montée, puis une légère descente pour rejoindre une autre belle difficulté, le mur des Tuffes (piste noir de ski), un peu plus de 200m de D+ sur 2,5km, Lolo est juste derrière, on avance tranquillement, les crampes sont bien passées, ouf!!

Je sors les bâtons, puis je m'attaque à ce mur terrible, la pluie s'est arrêtée, elle m'a bien rafraîchi, je peux monter sereinement la tête dans mes baskets sur un bon rythme, c'est dur mais j'avance bien je suis satisfait.

Puis une fois au dessus, je jette un oeil est je vois Lolo toujours dans la pente, je continue, nous ne sommes pas loin l'un de l'autre ça pourra le tirer vers l'avant!!

Je me lance donc dans la descente avec un regain d'énergie pour pouvoir descendre à bonne allure, d'autant plus que nous descendons les piste de ski donc en herbe, ça va tout seul, les jambes sont un peu raides mais j'arrive à bien dérouler, je rattrape même quelques coureurs pour arriver ensemble avec l'un d'entre eux, de Saône et Loire, bien sympa, jusqu'au ravito des Dappes au pied de la Dole (la fameuse ascension, la plus dure du parcours...).

Je jette un coup d'oeil derrière et plus de Lolo, il doit être en train de descendre. Je me ravitaille, fais le plein de la poche à eau, m'alimente et repars assez rapidement. Un dernier coup d'oeil et j'apperçois Lolo qui rentre au stand!!! Il n'est pas loin, je vais le motiver quand il verra au loin mon derrière dans la Dole.

Je repars, dépasse 2 coureurs et m'attaque à cette terrible ascension (l'hiver je la fait en télésiège...), c'est 2,6km de grimpette en plein soleil, car il est revenu et 450m de D+...le tout au 55,7ème km...!

Bref je n'y pense pas, encore une fois j'aime ben grimper (alors qu'avant j'avais horreur. J'entends toujours mon ami Alain qui m'a dit un jour : " dans les montées tu débranches ton cerveau et tu attends que ça passe!!!). Et bien ça été chose faite, je l'ai plutôt bien géré. Elle est terrible car on apperçois la boule à mi parcours au loin et on se dit s'est tout la haut que je vais...par contre au-dessus la récompense elle est là : une magnifique vue sur le lac Léman.

La montée a donc plutôt été bien gérée en 35min sans perdre de place, je suis 145ème au dessus.

Je marque la pause 2s pour immortaliser l'instant car ça vaut vraiment le coup d'oeil. Habituellement je suis ici l'hiver et en ski!! Nous sommes au point culminant de la course, 1666m, au 58,3 ème km, 2939m de D+ en 9h11min.

La montée de la Dole
La montée de la Dole
La montée de la Dole

La montée de la Dole

La suite se fera en descente, assez cassante et dangereuse par moment car il y avait un mélange d'ornières et de pierres, donc pas bien le temps de contempler le paysage à ce moment là, je reste plutôt concentré sur ce que je fais et où je mets les pieds.

J'ai mal aux pattes, les crampes sont revenues à la charge, c'est dur, je sers les dents, je ne prends pas de plaisir dans cette descente, mais je veux en finir alors j'avance. Le sentier se rétréci par endroit, il est jonché de pierres, j'y vais comme sur des oeufs, je me sers de mes bâtons pour ne pas me faire mal aux chevilles.

J'ai en ligne de mire, un coureur que j'avais vu au départ dans la salle polyvalente de Mouthe, une connaissance à Lolo, que j'ai doublé à la montée de la Dole, qui ma redoublé toujours dans cette même montée et à mon tour je l'ai redoublé avant le sommet. Il m'a à son tour doublé dans la descente, car je jouais la carte de la prudence, mais il est à 200m de moi et une grosse montée nous attend...!!

Nous arrivons au pied du col de Porte, un beau raidillon dans la caillasse et au soleil, à peine 1km avec 100m de D+, mais quelques passages bien raides. Je double un coureur du 36km, puis un du 72km, je reviens sur le fameux que j'avais en ligne de mire, je le dépasse et arrive au dessus bien content d'avoir passé encore cette belle bosse, il restera maintenant de la descente et un dernier petit raidillon à 4km de l'arrivée.

Je suis à un peu plus de 10km de l'arrivée et informe ma petite famille que j'arriverai d'ici une petite heure et demie. Les jambes sont bien raides et la descente qui suit est très dure à gérer, le fameux coureur me dépasse à son tour, on descend à plusieurs coureurs, je vois qu'ils ne sont pas beaucoup plus frais que moi, ça me rassure. Il y a quelques belles marches à franchir, avant d'arriver le long d'un tire fesse en descente pour rejoindre le bas de la piste de Cuvaloup, où se tient le dernier ravito du parcours.

La descente de la Dole
La descente de la Dole
La descente de la Dole

La descente de la Dole

Je me retourne mais pas de Lolo en vue, je me ravitaille, on me rafraîchi à la flotte bien fraîche, ça fait du bien, je repars motivé pour en finir, à ce stade il reste 8km, on y est presque.

La suite se fait en descente, à travers champ et sur chemin blanc, quelques coureurs me dépassent, ça fait un peu mal au moral mais de toute façon je ne peux pas accélérer, je veux juste finir, j'approche des 11h donc 2ème coup au moral.

Ce n'est pas grave, je me dis que maintenant l'arrivée n'est plus très loin et que tout le monde m'attends, je me dois d'arriver sans trembler!

Je me resaisi donc car une nouvelle dernière difficulté se profile devant nous, on prendra 100m de D+ sur moins de 1km...ça pique un peu comme on dit à ce stade de la course mais c'est la dernière...enfin je croyais!!!

Puis arrivée au-dessus je reprends une portion de descente, puis du plat pour passer dans un petit tunnel où l'on est obligé de mettre les pieds dans la petite rivière qui passe ça rafraîchi ça fait du bien, puis on emprunt eune petite portion de route, je commence à reconnaître les arches du Fort des Rousses (le fameux, qui hébergent 90 000 meules de Comté...!!! Hum).

Je quitte la route pour m'enfiler sur un chemin, puis tout de suite à gauche...surprise...une longue série de marches d'escaliers pour grimper dans le Fort des Rousses, ouille, pas prévu ça, les dernières marches font mal!!

Yes j'y suis, là ça sent bon l'écurie comme on dit dans le jargon...j'avance à travers le fort, puis un organisateur me dit qu'il me reste moins d'un km avant l'arrivée, quelle bonne nouvelle !!!

Un dernier effort et encore un peu d'attention en sortant du Fort car il y a une petite descente où il faut enjamber des caillasses, avant de retrouver la terre ferme, je suis heureux, je vais enfin retrouver ma petite famille!

Je maintien mon petit rythme de course et j'entends au loin "Allez Greg"....oulala je me dis qu'ils ne sont pas loin, ils m'ont vu, pas moi, j'ai l'émotion qui monte, les yeux qui se remplissent, je vois maman heureuse de me voir en finir, on se tape dans la main, tout le monde est là, même mon oncle et ma tante, mon papa et le meilleur pour la fin, mes loulous ainsi que ma chérie. Je récupère mes 2 enfants, mon drapeau "Made in Jura" et je file heureux comme un pape plein d'émotion finir les derniers hectomètres tous les 3, sous les sourires et les applaudissements du public.

On franchit ensemble la ligne, le chrono affiche 11h22min, 70,8km, 3242m de D+ et une honnorable 163ème place sur les 365 au départ (378 inscrits et 299 finsishers soit 66 abandons quand même).

Mes enfants sont aux anges, moi aussi, je suis rincé mais heureux de voir tout mon petit monde à l'arrivée.

Puis le speaker annonce l'arrivée de Laurent Plaut...Lolo arrive, yes je l'accueil les bras ouverts et le flicite, il n'était vrament pas loin, il fini 2min derrière, bravo Lolo, il n'est pas très frais non plus !!

Je file me ravitailler, puis me changer et c'est retour au bercaille car on a encore de la route en passant par la case de chez mes parents pour la bonne douche et un bon dîner accompagné d'une bonne bière, je ne l'ai pas volé celle-ci !!!

Transju'Trail
Une arrivée pleine d'émotion avec mes loulous!! Vous remarquerez aussi mon drapeau Made in Jura !!!

Une arrivée pleine d'émotion avec mes loulous!! Vous remarquerez aussi mon drapeau Made in Jura !!!

Pour résumer :

- Pour résumer je ne m'attendais pas à une course aussi relevé. Elle est très sélective car le plus gros du morceau arrive après 35km de course et la gestion n'est pas évidente. En revanche elle est très formatrice et magnifique (sans chauvinisme promis, en toute objectivité!!)

- Une très bonne ambiance et un très bon accueil sur les ravitos, un grand merci à toute l'équipe organisatrice ainsi que les bénévoles qui sans eux nous ne pourrions pas faire ces courses.

La suite je ne l'ai pas réellement programmer, je vais me reposer quelques jours (niveau sport j'entends), profiter de la famille et des week-end bien remplis qui nous attendent en famille et/ou ami(e)s tout en entretenant une forme pour se diriger encore dans le Jura au trail de Vouglans le 1er Août sur le petit format (17km et 450m de D+) histoire d'aller chercher un chrono sympa sur mes terres jurassiennes!!!

Puis ensuite ça sera le 4 septembre, la nuit des Cabornes dans les monts d'or (25km et 1200m de D+), ensuite les 9 clochers dans le beaujolais (24km et 450m de D+) et pour terminer par la fameuse SaintéLyon pour aller chercher un chrono en-dessous des 9h (version 72km et 1800m de D+), ces 2 dernières courses avec les foulées de Beauregard pour des grands moments de partage et de convivialité!!

Publié dans Courses 2015

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